Conseil régional de Bretagne
Session du 18 octobre 2018

La politique régionale d’égalité entre les femmes et les hommes en action

Discours de Sylvaine Vulpiani

Merci Monsieur le Président, Madame la Vice-Présidente,

Cher.e.s Collègues, Mesdames et Messieurs,

Merci Madame la Vice -Présidente, pour porter haut et fort nos politiques régionales d’égalité entre les femmes et les hommes et merci aussi à Gaëlle Vigouroux pour porter nos politiques égalitaires dans les services de la région. Des politiques égalitaires que notre majorité mène d’ailleurs, depuis 2004.

Certes, la place de la femme a évolué dans notre société depuis 100 ans.

De nombreuses lois ont été votées en faveur de l’égalité femmes-hommes dans divers domaines, sans pour autant aboutir à une égalité réelle.

Le monde du travail en est un triste exemple :  malgré une réduction de l’écart de salaire depuis 2009 de 5 points, une femme gagne toujours 18,7 % de MOINS qu’un homme dont 10 %, DIX POURCENTS quand même, serait seulement dus à de la discrimination pure !

Pour faire de notre société un espace plus juste pour les femmes et les hommes, des actions ont été menées. D’autres seront mises en place. Et nous, à la Région, nous y prenons TOUTES notre part comme vous l’avez présentée Madame La Vice-Présidente.

Une de ces actions concerne notre communication ! Une communication porteuse de sens et de valeur ! Sans stéréotype de sexe !

«Vous me pardonnerez de ne pas être un homme »… C’est ce que je réponds quand je suis qualifiée de CONSEILLER RÉGIONAL. Ou bien, la prochaine fois, en m’inspirant de Madame de Sévigné je pourrai répondre « je ne crois pas avoir de la barbe au menton ».

Parce que féminiser les mots c’est nous rendre NOUS les femmes plus visibles.

On sait bien  : Que ce qui n’est pas nommé n’existe pas ? Donc nommer c’est reconnaître, reconnaître la femme comme un être humain à part entière.

Notre communication met les mots au service de l’égalité entre les sexes.

Pourquoi refuser d’écrire au féminin certaine profession ? Est-ce pour acter la domination masculine ? une auteure, une écrivaine, une électricienne, une préfète, une plombière… parce qu’il faut prononcer ces mots pour en faire accepter le sens.

Quant à la règle de grammaire « le masculin l’emporte sur le féminin » toujours en application, hélas, tel n’était pourtant pas le cas autrefois. C’était la règle de l’accord de proximité qui prévalait.

D’ailleurs, au 17ème siècle Racine écrivait  « Surtout j’ai cru devoir aux larmes, aux prières, Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières ».

En fait, nous retrouvons l’usage du féminin de la langue française ! Et des marges de manœuvre sont encore possible.

Quant à l’écriture inclusive, elle n’est pas la langue, elle en est simplement la représentation graphique. Une représentation typographique spécifique avec des points au milieu.

C’est plus simple,  plus rapide à écrire et  surtout prend moins de place : écrire deux mots en un seul.

Au lieu d’écrire citoyen et citoyenne on écrit citoyen.ne !

Nous utilisons bien des abréviations comme Dr pour docteur, M. pour Monsieur et surtout, des acronymes qui parfois sont bien plus compliqués à comprendre qu’un condensé des deux genres en un seul mot.

Quoiqu’il en soit, on ne peut rien imposer. La liberté d’expression est une des libertés les plus fondamentales d’une démocratie.

Mais nous pouvons, nous devons montrer qu’il est possible d’avoir une communication qui s’adresse à tout le monde, sans stéréotype. Être un exemple. Un exemple breton.

L’exemple il est aussi dans la prime de mixité que nous versons aux entreprises de moins de 20 salarié.e.s sur toute la durée du contrat pour l’accueil d’un ou d’une apprenti.e dans un secteur où un sexe est traditionnellement minoritaire. J’ai trouvé qu’en 1764, on disait une apprentisse.

C’est aussi la poursuite du soutien au projet Agricultrices de Bretagne : visibilité, égalité et responsabilité professionnelle porté par le groupe régional « Egalité-Parité : agricultrice au féminin de la Chambre d’agriculture de Bretagne ».

Une vigilance est portée aussi à la désignation paritaire des représentants et représentantes au sein des conseils d’administration des établissements publics de coopération culturelle.

Des actions de la Région en faveur de l’égalité, je pourrais vous en citer bien d’autres, qui pour certains ou pour certaines pourraient paraître bien insignifiantes.

Mais aujourd’hui encore, et l’actualité nous le montre tous les jours, il ne faut rien lâcher en matière de droit à l’égalité femmes-hommes.

Pour finir je reprendrai les propos de l’écrivain Italien Roberto SAVIANO (qui n’est pas spécialement un ami de Salvini). Je cite : « Si vous trouvez la force de vous battre, de défendre la complexité, faites le partout, tout le temps. Dans un taxi ou au travail, même si finalement les choses ne se déplacent que d’un millimètre. »

Je vous remercie.