Corinne Erhel est intervenue sur la Bretagne, cyber-valley européenne.

Monsieur le Président, cher.e.s collègues,

Notre Vice-président Loïg Chesnais-Girard vient de nous présenter une stratégie cyber globale, volontariste et ambitieuse pour la Bretagne qui dispose des compétences et d’atouts majeurs en la matière.

Il y a urgence. D’après le rapport annuel Symantec 2015, 43 % des entreprises oeuvrant dans l’énergie ont été touchées au moins une fois par une cyberattaque, chiffre qui monte à 47 % pour le secteur industriel dans ensemble. Cette multiplication des attaques contre des acteurs économiques et contre des infrastructures critiques est une préoccupation majeure pour les pouvoirs publics.

Partant de ces constats, ainsi que de ceux évoqués dans le bordereau, je rejoins les prises de positions exprimées par le président de l’ANSSI lors des assises de la sécurité où il a une nouvelle fois insisté sur la nécessité d’une action collective au niveau national et d’une collaboration renforcée au niveau européen.

Avec une accélération de la numérisation de la société et de nos économies qui constituent des opportunités certaines, dans un contexte géopolitique particulièrement instable, les cybermenaces ne vont malheureusement pas diminuer et deviendront de plus en plus sophistiquées nécessitant par là même une anticipation, de la R&D et des acteurs très innovants, le tout s’inscrivant dans une réflexion européenne indispensable.

Je tiens à souligner l’action déterminante de Jean-Yves Le Drian qui a mis en œuvre une politique apportant une réponse stratégique et opérative globale permettant de relever le défi du renforcement des dispositifs de cyberprotection/cyberdéfense, politique dont la cyber-valley bretonne est un rouage essentiel.

Pour la Bretagne il s’agit d’accompagner l’ensemble de son écosystème numérique, unique en Europe par sa concentration et par la variété des domaines qu’il couvre.

C’est là toute la pertinence de la création du pôle d’excellence cyber opérationnel : déployant un éventail d’outils nécessaires à la structuration et au développement de la filière, il place la Bretagne sur la scène internationale et accompagne les acteurs de tous les domaines de la cyber.

Il s’agit avant tout de notre quotidien, à toutes et tous en Bretagne.

Pour autant, il ne faut pas oublier que la sécurisation des données touche aussi notre quotidien. Nous sommes tous en tant que citoyens, acteurs économiques, concernés, tant dans la sphère professionnelle que dans la sphère privée.

Avec la transformation numérique de l’État, des collectivités et des entreprises et la multiplication des terminaux mobiles dans les foyers, la question de la sécurisation des données est plus que jamais d’actualité. Il nous faut désormais agir pour ancrer la culture cyber, afin qu’elle devienne un réflexe, une évidence pour chacun.

C’est du reste le développement économique de la Bretagne qui est aussi ici en jeu, le bordereau l’expose explicitement. Des TPE jusqu’aux grands groupes, tout le tissu économique doit aujourd’hui être en capacité de se protéger contre de possibles attaques informatiques.

Nous avons besoin d’une stratégie globale, aussi, inclure les sciences humaines et sociales dans les domaines de recherches soutenus par le pôle d’excellence nous permettra également de mieux cibler et adapter nos actions auprès des acteurs économiques.

Cette stratégie nécessite bien sûr une main d’oeuvre formée : sensibilisée ou experte pointue sur un domaine précis. Les besoins sont grandissants alors que les entreprises peinent pour l’instant à recruter.

L’opportunité est considérable, le rôle que nous pouvons y jouer l’est également : en créant un parcours d’excellence cyber et en adaptant la carte des formations.

L’emploi, responsabilité partagée et qui sera présentée dans sa version bretonne par notre collègue Georgette Bréard, renforcera cette adéquation.

Car c’est bien l’ensemble de la Bretagne qui est concerné par la cyber : vous avez évoqué Vannes, Bruz et Lannion que Nokia vient de choisir pour ses futurs investissements notamment en cyber justement parce que nous avons choisi de nous positionner sur ce secteur.

Préserver sa souveraineté numérique ne doit pas signifier un repli sur soi, derrière des barrières ou des frontières dans un monde numérique où elles ont perdu de leur sens. Au contraire, cela doit être synonyme d’une pleine maîtrise des enjeux permettant l’ouverture aux autres, vitale dans un contexte d’innovation permanente, afin de profiter de toutes les opportunités offertes par le numérique.

Monsieur le Président, comme pour tous les grands projets structurants pour la Bretagne, cette stratégie propose d’agir pour que notre région soit une terre d’excellence et un leader européen en matière de cyber.

Nous avons les compétences, les entreprises et la volonté nécessaires pour atteindre cet objectif.

Je vous remercie.