Olivier Le Bras est intervenu sur la décision modificative au budget. Retrouvez son propos ci dessous.

 

Mes chers collègues,

Nous débattons de cette DM dans un moment où la Bretagne connaît encore de nombreuses difficultés. Le monde paysan est balloté par des crises structurelles, des débats internes non résolus. L’industrie repart mais connait encore des défaillances, des faillites. Les bretons comme tous les citoyens d’Europe doutent, s’interrogent, s’inquiètent. Et les décisions des grands bretons ne seront pas sans conséquence pour les voisins que nous sommes.

La région Bretagne inscrit son action budgétaire dans cet environnement. La dépense publique est utile quand elle vient accompagner les mutations, préserver les capacités, investir dans son avenir.

La dépense publique n’est pas un gros mot, une idée sotte ou passéiste mais une arme au service du développement territorial efficace pour tous ceux qui veulent la manier avec discernement. SI certains veulent la réduire, nous la revendiquons !

4 exemples avec cette Décision Modificative.

Le plan bovin tout d’abord. La Bretagne est la première région laitière : 5 milliards de litres de lait/an soit 22 % des livraisons nationales. De l’or blanc pour notre région. Avec le lait et la viande bovine, c’est près de 13 000 exploitations qui vivent autour de cette production. Et pourtant, nous frôlons le désastre. Prix trop bas, surproduction, fin des quotas laitiers décidé en juin 2003 et novembre 2008, concurrence entre bassins de productions, concurrence entre agriculteurs parfois même. Tout cela a profondément déséquilibré le marché. Certains imaginaient que la suppression des quotas amènerait de nouveaux débouchés et ont investi démesurément. Malgré les alertes, rien n’y a fait. Et les producteurs de lait sont en grande peine.

Notre collectivité, aux côtés de l’Etat, des producteurs eux même, prend sa part de responsabilité. Et très rapidement, après concertation et travail en commun, a proposé une action en 3 axes :

Renforcement de la compétitivité des filières
Différenciation de l’offre produit, création de valeur ajoutée et structuration des filières
Offensive à l’export

Nous y mettons collectivement le prix, puisque le Président Ledrian s’est engagé à financer une rallonge budgétaire de 30 M pour structurer ce plan de rebond ! Rien que pour cette filière. !

Et nous allons voter dès maintenant 1 million d’Autorisations de Programme et 6M d’Autorisations d’Engagements pour les 6 prochains mois. C’est rapide. C’est concret. Et c’est tout de suite.

Le chèque livre maintenant. Qu’avons-nous entendu. Sacrifice des lycéens sur l’autel de l’austérité ! Abandon de nos engagements ! Ni l’un, ni l’autre !

La dépense publique est utile quand elle est évaluée. Elle est juste quand elle touche ceux qui en ont le plus besoin. Elle est efficace quand elle permet l’égalité des chances. C’est tout simplement ce que nous faisons.

Cette aide est utile aux lycéens bretons et à leurs familles. Nous la conservons. Nous estimons qu’elle nécessite une modification de sa distribution pour être plus efficace. Nous le faisons. Et pour couper court à toute polémique, tout procès d’intention malvenu, nous démontrons notre engagement. Il n’y aura ni rupture, ni abandon. Au contraire.
5 M d’AE et de Crédits de paiement. 5 M maintenant. C’est rapide. C’est concret et c’est tout de suite.

L’aide aux petites et moyennes entreprises ensuite.
La Loi Notre a rebattu les cartes des compétences des collectivités. Il le fallait. Car personne ici, ne se satisfaisait de l’existant. Et s’il reste perfectible, malgré tout, nous aurons réussi à avancer sur le plan de cette compétence économique.

En effet, les Départements n’interviennent plus avec des aides directes aux entreprises. Les TPE sont pourtant un élément moteur de notre économie, d’un modèle économique où le travail est moins souvent synonyme de dividende que de montagnes à soulever au quotidien.
C’est aussi et surtout un vivier important d’emplois sur l’ensemble de la Bretagne, un facteur de développement essentiel. Un plan en leur faveur nous est présenté dans ce bordereau. Il est utile et nécessaire.

Nous allons donc financer, en lien avec BPI France, un prêt participatif de développement à destination des TPE. Son objectif : aider les créations et/ou les reprises d’entreprises, et donc la création d’emplois. Permettre à ce segment économique d’obtenir un soutien. C’est 2 millions d’euros qui sont mis sur la table. Là encore, une dépense publique utile. C’est rapide. C’est concret et c’est tout de suite !

Le soutien aux investissements de grandes entreprises enfin. Le boulet est passé près. Il y a encore quelques mois, les risques étaient nombreux autour de ces deux entreprises, PSA et D’Aucy. Ce ne fut pas sans drames sociaux, hélas. Mais une nouvelle phase s’ouvre. Une projection dans l’avenir. Mais pour que ce soit solide, il faut investir. Investir pour innover. Investir pour se développer.
C’est ce que nous accompagnons par cette DM. Nous l’accompagnerons fortement. Nous l’accompagnerons rapidement. C’est un signe adressé à toutes les entreprises qui joueront le jeu de l’emploi, de l’investissement. A ceux là, nous dirons banco !

Je l’affirme, notre rôle d’élus régionaux est de regarder vers l’avenir et nom le passé. Cette DM soutien l’emploi de nos territoires.

Notons par ailleurs que nous finançons cette DM par la reprise des résultats de l’exercice 2015 et par des recettes plus importantes, ce qui témoigne d’une meilleure santé financière de notre Région. C’est un signe encourageant. Nous continuons à mettre du carburant dans le moteur de l’économie pour relever les défis de demain.
Cette DM apporte sa pierre à l’édifice de reconquête que NOUS tous devons engager en direction de nos concitoyens. Cette DM répond, à sa manière, par sa rapidité, son efficacité et sa recherche de justice aux urgences et à l’avenir. C’est notre mission pour ce mandat.