Sébastien Sémeril est intervenu sur la révision de la politique territoriale régionale.

Monsieur Le Président, Mesdames et Messieurs,

Dans ce dossier de révision de sa politique territoriale, la Région Bretagne démontre une nouvelle fois qu’elle sait tenir ses engagements. Annoncée dès l’adoption de la programmation 2014-2020, cette révision – qui sera affinée dans le budget 2017 – est en cours et a été anticipée pour tenir compte d’un contexte particulièrement évolutif de par les lois MAPTAM et NOTRe et dans un contexte de forte évolution de la carte intercommunale passant je le rappelle en quelques mois de 101 à 59 EPCI en Bretagne.

En effet, il faut souligner ici le rôle central de la Région pour assurer un développement harmonieux des territoires bretons tenant compte des dynamiques territoriales, entre métropoles et villes moyennes, bourgs et territoires ruraux. Pour cela, le nouveau binôme formé avec les EPCI – tant sur l’aménagement que sur le développement économique – constitue le moteur de la performance régionale. Une performance qui ne se conçoit pas dans une logique de concurrence entre territoires, mais bien dans un souci de complémentarité et d’interdépendance.

Et c’est là toute l’ambition d’un véritable projet de territoire partagé qui est affirmée. Vous nous le disiez, Monsieur le Président, en introduction de la conférence de territoire à Pontivy le 15 avril dernier, avec un auditoire nombreux d’élus de toute a Bretagne, je vous cite :« je crois vraiment que nous avons besoin de partager un

projet territorial sur la Bretagne. C’est même une condition de la mise en oeuvre cohérente et convergente d’une action publique plus efficace et mieux perçue par nos concitoyens. Mais il s’agit bien de construire un projet du territoire Bretagne et non seulement le projet du Conseil régional. »

A cette même rencontre, vous appeliez aussi de vos vœux la construction d’un partenariat nouveau avec les EPCI en tenant compte des spécificités locales et en différenciant nos réponses sur les territoires, sans être évidemment uniforme, c’est aussi la marque de fabrique de cette majorité.

Nous le savons, nos territoires disposent d’atouts et de fragilités, qui ne peuvent pas se résumer au degré d’urbanisation des territoires. Ils existe des foyers de précarité dans les zones urbaines, tout comme certains secteurs ruraux affichent une belle dynamique locale. Et l’inverse est aussi vrai… Le tout est de mobiliser les moyens, à bon escient, sur les zones qui en ont le plus besoin et ainsi lutter contre le décrochage de certains territoires et contre un sentiment de relégation des populations.

Depuis hier dans cette session, nous observons deux choses :
– une cohérence, celle du FN qui s’applique à vouloir tout détruire sur nos territoires : culture, vie associative, agriculture même, qui font le ciment de la cohésion sociale et territoriale de notre Région. Les votes d’hier, les débats d’aujourd’hui, et nous attendons les votes de ce jour, démontrent une nouvelle fois un refus constant à vouloir aider de manière différenciée les territoires qui en ont le plus besoin : vitalité des centres bourgs et politique de la Ville de nos quartiers les plus défavorisés.
– la deuxième chose que nous observons et qui révèle peut-être ce qu’est véritablement la droite aujourd’hui en France et en Bretagne, qui nous avait habitués à l’opposition systématique classique ville-campagne. Désormais il faudra nous habituer au refus d’aider les plus démunis, qu’ils soient dans les villes comme dans les campagnes. En effet, refuser hier de voter le CPER, refuser aujourd’hui de voter la révision de la politique territoriale, c’est refuser l’attribution de 28 millions d’€ pour les centre-bourgs bretons.

Permettez-moi de mettre d’ailleurs de mettre en exergue les nouvelles orientations, notamment de l’ANRU, et la constitution d’une enveloppe dédiée de 14 millions d’€ pour accompagner les villes qui ont à réhabiliter des quartiers populaires. A ceux qui s’apprêteraient à voter contre, je nous rappelle que cette enveloppe concerne très concrètement la vie de 85 000 habitants bretons vivant dans 32 quartiers répartis sur 15 villes. Cet engagement honore notre majorité qui, dans sa cohérence, n’a jamais opposé les territoires les uns aux autres et qui est toujours au rendez-vous des plus démunis.

Les critères de péréquation ainsi définis et la capacité de mobilisation et de proposition des acteurs locaux autour de projets structurants doivent permettre à chaque territoire de progresser. L’effort déployé sur les inter-territorialités et la coopération, ainsi que le choix de s’appuyer sur les centralités, doivent enfin nous permettre de dégager des dynamiques vertueuses pour l’ensemble des Bretons. Notre collègue Gaël Le Saout y reviendra.

Au-delà des objectifs et des contenus, la réussite de ces partenariats repose sur une méthode et une volonté : l’écoute et la discussion. Il faut à ce titre saluer le travail que vous avez mené – Madame La vice-présidente, chère Laurence Fortin – au cours du tro-breizh qui vous a conduit à rencontrer l’ensemble des présidents de Pays durant le premier semestre 2016. Cela a notamment permis de constater l’hétérogénéité des pratiques et des projets d’un pays à l’autre et de procéder à des ajustements.

La feuille de route est donc désormais connue pour cette deuxième partie de programmation de la politique territoriale. La méthode est fondée sur la responsabilité collective et sur la collégialité de la décision, n’en déplaise à certains. Il revient maintenant aux acteurs locaux de poursuivre la définition des projets à venir, en conceration avec la Région, pour continuer à dessiner, avec l’ensemble des acteurs bretons, la Bretagne de demain.

Je vous remercie