Martin Meyrier est intervenu sur les orientations budgétaires pour 2017.

M. Le Président, cher.e.s collègues,

En complément des propos de mon collègue Olivier Le Bras, quelques mots sur un défi identifié sur ces orientations budgétaires et non des moindres ; celui de construire une nouvelle région.

Une nouvelle région qui ne l’est pas par la redéfinition de son périmètre il est vrai ; mais une nouvelle région incontestablement par les compétences renforcées qui sont désormais les siennes.

Pour autant bénéficier d’une capacité d’action renforcée, qu’elle le soit d’ailleurs par le souhait du législateur ou par notre volontarisme sur des expérimentations ne suffit pas à dessiner une nouvelle région. Car encore faut-il que le projet fasse sens. Mais aussi que le renforcement de nos compétences ne nous transforme pas en machine technocratique, ou qu’elle nous éloigne de nos concitoyens.

C’est, je crois, lucide sur ce risque, conscient des attentes de nos concitoyens, intransigeants sur le respect de la parole donnée, sur les engagements que nous avons pris devant les Bretonnes et les Bretons, que les orientations budgétaires que vous nous présentez nous donnent les moyens de construire cette nouvelle région qui fasse sens.

D’abord une nouvelle région qui, parce qu’elle doit faire sens, renforcera les solidarités :

  • Solidarités avec les populations les plus fragiles. Je pense notamment gamme de tarifs solidaires que nous proposons dans des services public comme les TER, par exemple.

  • Solidarités aussi avec tous les territoires ; avec les contrats de partenariats qui seront révisés qui viennent nourrir cette idée que les politiques bretonnes d’aménagement du territoire sont un instrument de justice territoriale.

Une justice territoriale que nous faisons vivre aussi, s’agissant du désenclavement de la Bretagne qui profite à tous, où l’arrivée de la LGV s’accompagne d’un effort de 10% sur le TER.

Une nouvelle région solidaire donc.

Mais une nouvelle région qui, pour qu’elle fasse sens, garantira aussi des protections :

– Protections par la formation et la sécurisation des parcours professionnels sur lesquels mon collègue Olivier Le Bras est revenu.

– Protections aussi par les services publics dont nous avons la tâche et qui dessinent notre nouvelle région :

  • Je pense bien sûr à ceux qui étaient assurés par les départements et qu’il nous revient d’organiser, notamment à ce défi d’assurer dans l’immédiat, à ces 115 000 jeunes qui prennent chaque jour le car, une continuité de services.

Et à moyen terme créer, demain, pour l’ensemble des Breton.ne.s, un véritable service publique multimodal de transport.

  • Mais nous entendons également faire émerger d’autres services publics.

Je fais référence au « service public Breton de l’accompagnement des entreprises ». L’enjeu essentiel : que la région puisse répondre à chaque besoin de nos entrepreneurs bretons ; qu’un artisan comme un capitaine d’industrie, un dirigeant de TPE ou de start-up aient la garantie de trouver, où qu’ils se trouvent et quel que soit leur projet, un accompagnement adapté, réactif et tout ceci dans la proximité.

Mais, ce service public efficace, de proximité, il n’est possible que pour deux raisons :

. que parce que nous nous en donnons les moyens avec une palette d’outil que nous venons étoffer, que permet un continuum dans le financement. Je pense :

  • au déploiement du prêt TPE, essentiel pour éviter une année blanche suite au retrait des départements ;

  • à la montée en force de Breizh Up ;

  • à la mobilisation des 10 M€ Etat-Région pour le programme régional de l’innovation.

. Ce service public n’est aussi possible que parce que nous faisons le choix d’articuler notre travail avec ces acteurs de bassins de vies que sont les EPCI. Un partenariat différencié qui nous permettra d’avoir la réponse la plus juste mais aussi de garantir les principes d’une équité territoriale.

Une région solidaire donc, qui protège, de proximité.

Mais une nouvelle région, qui, parce qu’elle doit faire sens, gardera le même souci d’assurer le bien vivre ensemble et, sur ce point, la place de la culture, de la création, de la liberté artistique et de la vie associative que vous confortez et affirmez est tout à fait essentiel pour la cohésion, le vivre-ensemble, l’ouverture au monde ; et nous la saluons.

Enfin dernier point, cette nouvelle région, n’a de sens qu’avec un approfondissement démocratique.

Je le dis car au moment où il nous revient d’organiser des documents qui demain seront opposables , qui seront prescriptifs, qui s’imposeront aux autres collectivités tels que le SRADDET l’enjeu démocratique est essentiel. Nous soutenons la démarche de co-construction qui anime votre approche qui permet l’appropriation de tous de ces sujets et le droit à la parole des citoyens.

Ces orientations budgétaires font sens en appui à l’émergence de cette nouvelle région, vous l’avez dit, M. le Président, région pivot, plus lisible, qui agit pour les Bretonnes et les Bretons.