Gaël Le Saout est intervenue sur la révision de la politique territoriale régionale.

Monsieur Le Président, chers collègues,

Cette révision de la politique territoriale que vient de nous présenter la Vice Présidente Laurence Fortin – et dont mon collègue Sébastien Sémeril a défendu avec conviction les grands principes – est l’occasion pour notre assemblée de répondre de manière concrète et pragmatique aux nouveaux défis qui se posent à l’aménagement du territoire en Bretagne.

Plusieurs constats ont en effet guidé cette révision, parmi lesquels :
– la nécessité de renforcer les coopérations entre les territoires – c’est ce que l’on va appeler de manière technique les inter-territorialités-,
-mais aussi la nécessité de mieux accompagner le renouvellement urbain des quartiers prioritaires de la politique de la ville
– et enfin… la nécessité de renforcer les centres des villes, qu’elles soient petites ou moyennes, mais également le besoin vital de redynamiser les bourgs de nombreuses communes bretonnes qui constituent les moteurs du développement de notre territoire…
C’est pour cette raison que nous avons fait le choix volontariste de proposer sur ces trois enjeux cruciaux pour notre Région des dispositifs complémentaires aux contrats de pays.

Sur le premier volet de l’inter-territorialité, nous ne pouvons en effet plus penser les territoires de manière isolée, ou encore séparés… voire opposés les uns aux autres.

Une approche décloisonnée s’impose… face à des relations qui se tissent, entre les espaces urbains, périurbains et ruraux, et qui ne cessent de s’accroître.
Je le vois au quotidien sur mon territoire, le Pays de Lorient, où Lorient Agglo coopère de manière naturelle et en bonne intelligence sur de nombreux dossiers avec Quimperlé Communauté.

C’est pourquoi je suis très heureuse que la Région Bretagne, aujourd’hui, par un nouveau dispositif, encourage et incite ces coopérations entre pays, entre EPCI… Entre EPCI et pays voisins ou entre métropoles et pays.
Cette nouvelle approche de la politique territoriale est d’ailleurs, si je puis me permettre, totalement raccord avec notre culture bretonne finalement…

Une culture bretonne davantage tournée vers la coopération et le faire-ensemble que vers la compétition.
Et j’en suis convaincue… nous allons ainsi favoriser les synergies entre nos territoires, dans une logique gagnant-gagnant qui profitera à l’ensemble de la Bretagne.

Sur le volet renouvellement urbain, notre nouveau dispositif va permettre aux collectivités actuellement en négociation avec l’ANRU de mobiliser plus facilement les crédits régionaux. C’est un vrai levier que nous leur proposons aujourd’hui. Cet engagement vient compléter la mobilisation de toutes les politiques régionales en faveur de la politique de la ville et montre une fois encore que nous y sommes particulièrement attachés.

Sur le volet des centralités, nous le savons tous, il s’agit d’un des défis que nous devons relever rapidement.
Notre modèle polycentrique fait certes la force de la Bretagne, mais le constat de certaines fragilités se fait jour, nous le voyons au quotidien autour de nous… et appelle à un besoin d’accompagnement appuyé pour assurer la vitalité, l’attractivité et l’équilibre de l’armature territoriale bretonne.

Les objectifs sont clairs : attractivité commerciale, économique et touristique, lien social et mixité sociale, mais aussi mixité intergénérationnelle… offre de services de proximité, mobilités, habitat adapté… bref, un cadre de vie attractif et dynamique.

Cette vitalité passe notamment par notre capacité à maintenir et attirer des jeunes actifs dans ces petites villes, dans un contexte de vieillissement de la population.
Les réponses sont multiples: je pense en particulier à la construction ou la rénovation de logements accessibles, au maintien de l’emploi à une distance acceptable…

Nous ne partons bien sûr pas de zéro -je tiens à le rappeler- car nous pourrons tirer profit des travaux menés par l’EPF dans plusieurs villes et centre-bourgs bretons.

Il conviendra en outre de s’appuyer sur les atouts de ces territoires pour accompagner les transitions en cours, qu’elles soient énergétiques, numériques ou démographiques… Pour toutes ces raisons, l’appui de la Région Bretagne par le biais de ce nouveau dispositif – aux côtés de l’Etat et de nombreux autres partenaires – s’avère à mes yeux essentiel pour insuffler de nouvelles dynamiques collectives.

Cet enjeu nous amène, si vous le permettez, Monsieur Le Président, à anticiper quelque peu sur le bordereau qui va suivre, puisque la complémentarité entre les territoires bretons doit être envisagée, comme vous le dîtes souvent, dans une approche globale.

Et dans cette optique, la Région a fait le choix de participer aux Pactes métropolitains d’innovation, dans le prolongement des contrats métropolitains signés avec les métropoles de Rennes et Brest et approuvés en 2015.
Il démontre aussi notre volonté d’irriguer l’ensemble du territoire régional grâce à des métropoles ouvertes, accélératrices du développement régional.

Nos deux métropoles doivent servir le développement des territoires ruraux, tout comme ces territoires peuvent participer de la dynamique des métropoles, tant les relations d’interdépendance ne cessent de s’accroître.

La Région a d’ailleurs conditionné son soutien aux pactes métropolitains sous réserve que les grands projets innovants infusent aussi sur les autres territoires.
– C’est le cas avec le projet sur les mobilités et le numérique porté par Rennes Métropole, qui dépasse largement les seules frontières métropolitaines,

– tout comme le contrat de réciprocité ville-campagne que Brest Métropole a signé avec le Pays du centre ouest Bretagne ou encore le projet de Campus de la Mer qui ne pourra que bénéficier à l’ensemble de notre littoral breton…

Pour conclure, Monsieur Le Président, chers collègues… la Région démontre aujourd’hui de manière volontariste et sans ambiguïté qu’elle assume pleinement ses responsabilités dans l’aménagement de l’ensemble de ses territoires, en s’adaptant aux mutations qui se jouent à tous les niveaux, à toutes les échelles. C’est la force d’une Bretagne qui anticipe, impulse et accompagne.

Je vous remercie.