La Semaine Européenne de la Réduction des Déchets a lieu cette année du 19 au 27 novembre. L’objectif de la Semaine est de sensibiliser tout un chacun à la nécessité de réduire la quantité de déchets générée et donner des clés pour agir au quotidien. À cette occasion le Groupe socialiste et apparentés a posé 3 questions à Thierry Burlot, Vice-président à l’environnement, la biodiversité et les déchets.

Qu’est-ce que la réforme territoriale et en particulier la loi Notre a changé dans la gestion des déchets ?

La loi Notre a transféré la compétence de la planification de la gestion des déchets à la Région, à la place des départements. Nous aurons désormais à l’échelle de la Région un seul plan au lieu de neuf auparavant (deux par département, plus un plan à l’échelle de la Région Bretagne sur la gestion des déchets dangereux).

Nous démarrons donc un vrai effort de simplification permis par la loi. Le Plan déchets de la Bretagne prendra en compte tous les types de déchets, qu’ils soient dangereux ou non, produits par les entreprises ou les ménages.
En Bretagne, nous devons gérer 2 millions de tonnes de déchets ménagers par an. Les plans départementaux prévoient déjà de :
– Réduire la production de ces déchets ;
– Mieux les trier ;
– Mieux les valoriser.

En effet il s’agit de moins « traiter » les déchets et de mieux trier et valoriser. Là-dessus nous sommes d’accord et c’est vers cela que nous nous dirigeons.

Les Breton.ne.s sont les meilleurs trieurs de France. Il faut s’appuyer sur cette excellence civique pour ouvrir de nouvelles opportunités économiques. C’est le rôle de la Région mais aussi de toutes les collectivités locales qui organisent concrètement la collecte et la valorisation des déchets. Mon expérience de Président de Kerval, syndicat de valorisation et traitement des déchets d’une grande partie du territoire des Côtes d’Armor, me le rappelle tous les jours.

Il faut continuer dans ce sens, avec les entreprises, car nous avons encore des marges de progrès, notamment sur l’éco-conception des emballages, sur une production moindre, sur la nécessité de mieux trier pour mieux recycler.

Comment la question des déchets peut-elle s’inscrire dans le concept d’économie circulaire ?

Il y a 20 ans, les déchets étaient exportés dans les régions voisines. Aujourd’hui nous les traitons chez nous, en Bretagne. C’est une source d’emploi et de développement. Mais nous avons chaque année 500 000 tonnes de déchets qui sont enfouis. C’est beaucoup trop.

Il faut savoir que 10 000 tonnes de déchets enfouis, c’est un emploi. 10 000 tonnes de déchets valorisés, c’est 50 emplois. La valorisation, c’est donc bon pour le développement, pour l’emploi, pour le territoire. 

Il nous faut trier, recycler, valoriser en Bretagne. Aujourd’hui, tout ce que l’on trie part de la Bretagne. Demain nous allons donc créer des filières nouvelles en accentuant le tri et en valorisant en Bretagne. Pour cela nous avons en Bretagne un nombre impressionnant d’initiatives. Elles permettent de donner une deuxième vie à ces matières.

Je prends un exemple : Les boues d’épuration. Avant elles étaient épandues dans les champs comme déchets alors qu’elles ont un pouvoir méthanogène important. Désormais il faut en faire à travers la méthanisation une source d’énergie, que l’on valorise et qui rapporte sur le territoire.

Nous réfléchissons aujourd’hui à de nouvelles filières (l’amiante, la dépollution des bateaux, le recyclage des sommiers et des matelas). Nous devons nous occuper de tout ce qui est jeté aujourd’hui et le valoriser. C’est pourquoi nous ne devons plus parler de déchets mais de ressources.

Il y a des initiatives et c’est très bien. Nous en ferons des filières pérennes.

Le futur plan s’appuiera aussi sur l’économie sociale et solidaire, qui a eu un rôle fondamental dans le démarrage de ces démarches porteuses d’emploi. Notre méthode consiste à rencontrer tous les acteurs du secteur, en allant à leur rencontre, sur le terrain, à travers des visites et en faisant des auditions afin de recueillir l’avis du plus grand nombre. En fin d’année nous aurons une feuille de route que nous pourrons soumettre à l’Assemblée régionale en 2017.

Comment se situe la Région Bretagne par rapport aux autres régions de France ?

C’est un très beau dossier que m’a confié Jean-Yves Le Drian.

La Bretagne est souvent mal jugée par rapport à l’environnement. C’est lié en partie à notre histoire récente autour de la problématique de l’eau. Et pourtant, c’est ici que les effort sont les plus importants, et la dernière enquête du magazine La Vie le démontre, en classant les départements bretons parmi les premiers de France sur de nombreux domaines liés à l’environnement, notamment la gestion des déchets.

Le plan déchets, c’est de l’économie, du social et de l’environnement. Cela ne s’oppose pas, bien au contraire puisque cela créé de l’emploi. Ce plan le démontrera.