Reprise du groupe Doux : un succès majeur pour la Bretagne !
Tribune parue dans le numéro de juillet 2018

Le tribunal de commerce de Rennes a donc retenu, le 18 mai dernier, l’offre de reprise du groupe Doux déposée par le consortium regroupant LDC, Almunajem, Terrena, la Société des volailles de Plouray et Saria. C’est une excellente nouvelle à plus d’un titre. D’abord parce que le projet en question présente l’avantage de préserver l’essentiel des emplois – 912 sur 1 165 – tout en proposant des solutions de reclassement à ceux qui ne seront pas repris. On conçoit volontiers le sentiment de soulagement éprouvé par les salariés et éleveurs après la longue période d’incertitude qu’ils ont dû traverser ! Car rien n’était joué, et la procédure de liquidation judiciaire engagée à l’encontre de la société Doux aurait pu connaître une issue beaucoup plus funeste.

La Région a largement contribué à créer les conditions d’un succès qui, loin de se contenter de préserver l’existant, a le mérite de préparer l’avenir. Tel était le prix de notre participation à ce projet de reprise. Nous ne voulions pas d’un énième plan de sauvegarde, qui n’aurait apporté aucune garantie quant à la pérennité de l’outil de production, et dont l’unique effet eût été de reporter d’au mieux quelques années une échéance nécessairement fatale. Nous voulions au contraire un véritable plan de refondation, qui pose les jalons d’un nouveau modèle breton de l’agroalimentaire, fondé sur la montée en gamme et adapté aux grands défis du temps présent et du futur. Ce plan, nous l’avons désormais, et il doit permettre de s’extirper durablement du climat d’angoisse dans lequel les acteurs bretons de la filière volaille ont trop longtemps vécu.

Ce processus de régénération, la Région entend l’accompagner de manière volontariste. Financièrement d’abord, ainsi qu’en témoigne le montant très substantiel de l’enveloppe qu’elle va lui consacrer, 20 M€ dont 85 % seront ciblés vers les nouveaux marchés. En tant que partenaire industriel ensuite, en entrant dans le capital de la société Yer Breizh, instituée pour l’occasion afin de rassembler les acteurs de la filière amont (éleveurs, accouveurs, aliments). Depuis l’entrée en vigueur de la loi NOTRe en août 2015, c’est la première fois qu’une Région, en France, prend une participation dans une entreprise, et rien n’atteste mieux de la volonté qui nous anime d’œuvrer avec détermination en faveur du développement industriel de la Bretagne.

Concrètement, la mise en œuvre de ce projet de reprise va se traduire par la construction d’ici deux ans à Châteaulin d’une deuxième usine, gérée par LDC et dédiée à la production de « poulet frais » à destination des marchés français et européens, alors que le site actuel, repris par Almunajem, poursuivra l’activité historique du groupe Doux (poulet export). Avec la création de la société Yer Breizh, c’est d’autre part une filière amont solidaire et responsable qui va enfin se structurer. Les conditions sont ainsi réunies pour un renouveau durable de l’industrie bretonne de la volaille, facteur incontournable du rayonnement économique futur de notre région.