Répondre à l’urgence sociale et démocratique
Tribune parue dans le numéro de janvier 2019

Les élus de l’Alliance progressiste des Socialistes & Démocrates de Bretagne vous souhaitent à toutes et tous une excellente année 2019. La tradition des vœux revêt une importance toute particulière en ces temps troublés où la méfiance et la colère abîment la cohésion de notre société.

La peur du déclassement est là, palpable. Déclassement social, déclassement territorial. Il y a la crainte de ne pouvoir boucler ses fins de mois, il y a le sentiment aussi d’être livré à soi-même, loin des riches métropoles, sur des territoires que désertent peu à peu les services publics. Tout cela génère une évidente rancœur, que la moindre étincelle peut transformer en brasier incandescent.

La Bretagne, hélas, n’est pas épargnée. Certes, elle a toujours cultivé l’esprit de modération dans les rapports humains, le sens de l’intérêt général, la quête des compromis féconds. Mais elle est nécessairement impactée par les tensions qui traversent aujourd’hui la société française dans son ensemble. Tensions liées, comme partout ailleurs, à la pression fiscale, au pouvoir d’achat qui se dégrade, aux services de proximité qui se raréfient. Au-delà, notre Région a ses propres sujets d’inquiétude, découlant de sa situation péninsulaire. Ils se traduisent par une sensibilité particulière sur les enjeux liés aux mobilités, par une forte prise de conscience aussi quant aux effets pour la Bretagne d’un Brexit mal négocié…

Tous ces défis sont devant nous. Notre conviction est que leur résolution n’est pas seulement une affaire de volonté politique, mais également d’approche de l’action publique. Une approche qui doit être renouvelée en profondeur si nous voulons réellement restaurer le lien altéré entre l’électeur et l’élu. Tout d’abord, les décisions à prendre doivent l’être au plus près des territoires et de leurs habitants. La France reste un pays beaucoup trop centralisé, qui paie cette centralisation au prix fort, tant en termes de vitalité démocratique que d’efficacité des politiques publiques.

Décentraliser, donc. Mais pas de manière uniforme. Les besoins sont évidemment différents d’un territoire à l’autre, et il convient d’y répondre de manière différenciée. C’est tout l’objet de la concertation que conduit actuellement la Région avec l’Etat en vue de la conclusion d’un pacte de différenciation qui doit donner à la Bretagne les moyens de répondre enfin aux enjeux spécifiques auxquels elle est confrontée (périphéricité, maritimité, langues régionales…).

L’approfondissement de la démocratie de proximité doit encore s’accompagner d’un effort d’ouverture à la société par le biais d’une participation des citoyens à l’élaboration des politiques que nous mettons en œuvre. Telle est l’approche que nous avons promue dans le cadre de la Breizh COP, en invitant l’ensemble des Bretonnes et des Bretons à s’associer à cet ambitieux projet de construction de la Bretagne de 2040. On est plus fort lorsqu’on bâtit ensemble. Ce mot d’ordre, c’est celui qui nous guidera en 2019 et les années suivantes.