@Emmanuel Pain pour la Région Bretagne

Cora Pacé va donc ouvrir en s’asseyant sur les accords locaux qui depuis des années sur le Pays de Rennes lient maires, patrons de magasin et représentants des salariés. Accords locaux anciens et originaux, accords locaux qui n’imposent rien en dehors de ce territoire où le consensus s’est construit, mais aujourd’hui accords locaux rendus inopérants par un vide juridique.

Cet accord local était simple : pas d’ouverture de grandes surfaces alimentaires le dimanche, ainsi on préserve le dimanche des salariés (y compris les directeurs) et on préserve la vitalité de nos centres-villes et bourgs dont les commerces et marchés sont parfois fragiles. Les directeurs d’enseigne avaient signé l’accord unanimement, chacun sachant que l’ouverture de l’un entraînerait en cascade l’ouverture des autres…

Depuis des mois nous nous battons pour obtenir que notre accord local soit de nouveau applicable, que la loi le reconnaisse. Depuis des mois on bouge, on manifeste, on interpelle nos députés et ministres. L’espoir d’un texte validé par le Sénat a été douché par sa non reprise par les députés.

Aujourd’hui dans un silence brutal nous constatons l’ouverture de Cora Pacé, légale, mais inacceptable.

La rupture de l’accord va faire sauter les digues, les ouvertures dominicales vont s’étendre de proche en proche pour éviter les fuites de chiffre d’affaires. Les enseignes nationales auront gagné, y compris contre leurs directeurs locaux.

Et on viendra ensuite interpeller les élus pour exiger des solutions pour nos centralités, pour garder des villes vivantes, pour compenser les pertes d’emplois dans les petits commerces… On annoncera des actions et de l’argent public pour des plans « centre-ville vivant », « cœur de bourg actif », « commerces de proximité et circuits courts » !

Ras le bol.

Certains diront que ce combat est dépassé, d’arrière garde. Il est au contraire progressiste, actuel et utile à ce qui nous est cher : la maîtrise de nos manières de vivre dans nos territoires, la capacité de garder la main, la modernité du contrat négocié.

Je renouvelle ma demande au Gouvernement d’entendre notre demande et de nous autoriser à décider au local, avec les représentants patronaux et de salariés.

Je demande aux décideurs nationaux des enseignes de s’engager volontairement dans un accord local dès lors qu’il fait l’objet d’un consensus entre élus et société civile.

Je demande aux citoyens, élus locaux, associations et syndicats de continuer à nous soutenir.

Loïg Chesnais-Girard