Conseil régional de Bretagne
Session du 18 octobre 2018

La politique régionale d’égalité entre les femmes et les hommes en action

Intervention de Maxime Picard

Monsieur le Président, chers collègues,

Suite aux propos que je viens d’entendre, je veux rappeler quelques évidences.

La première est simple et concerne les enjeux de sécurité : l’angélisme de la gauche a cessé avec Gaston Defferre et Pierre Joxe, il y a 35 ans. Oui 35 ans, c’est dire si nous avons pris depuis longtemps le chemin du réel.

Aujourd’hui, je pense que nous sommes crédibles quand nous parlons de ces sujets-là.

Moi j’ai passé 5 années dans la vénérable institution qu’est la Police Nationale. Je travaille encore avec un certain nombre de mes anciens collègues, qui travaillent dans des services en banlieue parisienne, dans le renseignement, qui suivent tous ces sujets là et qui ne me donnent pas le sentiment d’avoir complètement perdu les pédales sur ces sujets.

Je siège, j’ai siégé encore récemment, avec David Robo maire de Vannes, dans un comité politique de la ville pour les quartiers de Ménimur et de Kercado, où en conscience nous écoutons évidemment le Procureur de la République et évidemment le Commissionnaire divisionnaire en charge de la circonscription de sécurité publique, nous dire la situation de ces quartiers.

Et pour autant j’observe que c’est une femme, Sandrine Berthier, qui a été primée par la Région parce qu’elle porte un Territoire zéro chômeur dans le quartier de Ménimur.

Voilà la réalité de notre action politique sur ces quartiers-là.

Donc je ne crois pas à cette espèce d’aveuglement.

Et au bout du bout, je suis assez d’accord avec Emmanuel Macron. Sur ces sujets, nous avons des visions particulièrement orthogonales.

D’un côté, et bien il y a des Savonarole qui annoncent le malheur, qui ensuite au bout de l’histoire finit par se retourner contre eux.  Je vous suggère de relire l’histoire de Florence et des Florentins de la grande époque de la Renaissance et vous comprendrez cette référence.

Pour ce qui me concerne je vais me référer à un idéologue puisque nous sommes des idéologues :  Saint-Just – pas Wallerand de Saint-Just – disait au lendemain de la prise de la Bastille : « le despotisme n’est que l’illusion des esclaves ». Je vous suggère de méditer sur cette parole-là. Qui dit quoi ? Qui dit que l’optimisme va prendre le dessus, parce qu’en réalité c’est le peuple lui-même qui décide de son destin.

Et donc la question de l’égalité entre les femmes et les hommes est une question cardinale dans l’organisation d’une démocratie. Parce l’humanité, c’est une moitié d’hommes et une moitié de femmes.

Et que si on veut avoir un projet breton, pour revenir à notre région. Un projet démocratique parce que je vous rappelle que le 1er vice-Président de la Bretagne n’est pas que vice-Président de la culture, il est aussi vice-Président à la démocratie régionale.

Si on veut avoir ce projet-là, la condition minimale de la citoyenneté de chacun, c’est l’égalité des droits entre chacun. Entre Hommes et femmes. Il ne peut pas y avoir de démocratie bretonne accomplie, si les femmes ne sont pas l’égale des hommes dans ce territoire.

C’est ça qu’il faut rappeler, c’est notre ADN. C’est en cela que nous avons des projets orthogonaux entre le nôtre et le vôtre.

Je veux conclure sur une citation un peu plus optimiste que celle que j’ai utilisée au départ. MC Solar disait, je le cite : « j’aime la politique quand elle a assez de vocation pour lutter contre les processus qui mènent à l’élimination ».

Merci.