Ouest-France – Fabrice Dedieu – 18 août 2016

D’ici la fin de l’année, la Région pourra distribuer des fonds européens pour la pêche. Elle souhaite également pérenniser les criées.

La Région agit pour la pêche et elle tient à ce que ça se sache. Pierre Karleskind, vice-président de la région Bretagne en charge de la mer, a entamé la semaine dernière un tour de Bretagne des professionnels du secteur de la pêche. Hier matin, il était à 5 h 30 à la criée de Quiberon, avant de prendre la mer vers 6 h pour une journée de pêche à bord du chalutier d’Olivier Le Floch, le New Look.

« Alors que la criée était propriété du Département, elle passera dans les mains de la Région au 1er janvier 2017. La municipalité de Quiberon en gardera la gestion, explique le conseiller régional. C’est la loi sur la nouvelle organisation de la République (loi NOTRe) qui a suggéré ce changement. » Alors que toutes les criées du Morbihan passeront volontairement dans le giron de la Région, celles des Côtes-d’Armor et du Finistère resteront départementales. Cependant, un groupement d’intérêt public de coordination des criées et des ports de toute la Bretagne sera installé.

Créer une criée numérique régionale

Le but, selon Pierre Karleskind, « c’est d’avoir une intégration régionale, que les criées travaillent ensemble, avec pour ambition de créer une criée numérique : les acheteurs pourront disposer d’un catalogue régional, ce qui permettra de réduire les invendus ». L’organisation des criées au niveau régional a aussi un autre objectif : sauvegarder les treize criées qui existent à l’heure actuelle : « La criée est un élément important de la vie locale, ce sont des centres de la filière pêche, elle fait le lien entre l’offre et la demande, elle entretient le lien avec les îles. Si la criée de Quiberon ferme, où iront les pêcheurs ? Ailleurs. » Une centaine sont référencés à la criée quiberonnaise.

44 millions d’euros sur quatre ans

La région Bretagne veut piloter la filière pêche d’autant plus que d’ici la fin de l’année, c’est elle qui distribuera une partie des subsides européennes pour la pêche. Ce sont 44 millions d’euros du Fonds européens pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) qui seront distribués les quatre prochaines années, ce qui permettra d’accompagner 130 millions d’euros d’investissement dans ce secteur professionnel.

Tout ça pour améliorer la performance énergétique des navires, mieux gérer les espèces, mettre en avant les produits, améliorer la sécurité et les conditions de travail des pêcheurs, mais aussi accompagner les jeunes pêcheurs. « Les jeunes qui s’installent peuvent avoir une subvention qui correspond à 25 % de leur investissement, plafonnée à 75 000 € », promet le vice-président.