La Bretagne au rendez-vous du très haut débit
Tribune parue dans le numéro du mois de mars 2018

Le défi de la fibre est d’un intérêt vital pour la Bretagne. Région enclavée, elle doit se battre sur tous les fronts afin de développer son accessibilité. Après l’aboutissement en 2017 du projet LGV, le nouveau grand challenge à relever pour notre territoire est celui de la montée en puissance numérique. Il s’agit d’un levier incontournable d’ouverture au monde, avec des répercussions économiques considérables.

L’opérateur historique s’est engagé dès 2011 à couvrir les zones de Bretagne les plus densément peuplées, lesquelles sont aussi les plus rentables. N’auraient ainsi été concernés par le déploiement de la fibre que 10 % de notre territoire représentant 40 % de la population. Le scenario qui dès lors se profilait était celui d’une fracture numérique entre une Bretagne des villes et une Bretagne des champs. Or, le déséquilibre ainsi généré aurait eu des incidences très dommageables sur notre région : étant donné la faible concentration urbaine qui la caractérise, la majorité de nos concitoyens aurait été privée de tout accès à cette technologie, avec pour effet de creuser le fossé entre une poignée de territoires attractifs et une masse de territoires marginalisés.

Le choix affirmé de la cohésion territoriale a toujours au cœur de notre projet pour la Bretagne. Telle est la raison pour laquelle nous avons fédéré les collectivités concernées au sein d’un syndicat mixte, Mégalis, dont l’objectif est de garantir à l’ensemble des Bretonnes et Bretons un accès pour tous à la fibre, seule technologie susceptible de mettre un terme à la fracture numérique du fait de ses capacités infinies.

Il s’agit d’un chantier d’une envergure considérable, évalué à plus de 2 milliards d’euros, qui, par son ampleur, rappelle ce que fut le déploiement des lignes téléphoniques au XXe siècle. L’installation de la fibre sur la totalité du territoire régional se poursuivra jusqu’en 2030, mais cette montée en puissance progressive profitera bien avant au plus grand nombre. En 2022, 95 % d’entre nous devraient ainsi bénéficier d’un débit supérieur à 3 Mb/s et plus de 90 % à plus de 8 Mb/s. Pour autant, nous savons que ce délai de 2030 peut paraître lointain, en particulier à ceux qui ont accès à une connexion numérique réduite. C’est pourquoi nous promouvrons des solutions temporaires à destination des 5 % de prises bretonnes qui auraient une connexion inférieure à 3 Mb/s d’ici à 2022. Si l’État est disposé à nous y aider, nous y sommes prêts.

En faisant le choix de la fibre, nous anticipons l’avenir car cette technologie, seule, est en mesure de répondre aux grands enjeux de demain. Certes, c’est un projet lourd qui, comme tout projet lourd, peut rencontrer des difficultés dans sa phase de démarrage. Ces difficultés sont en voie d’être résolues, et les conditions sont réunies pour que l’année 2018 soit celle d’une accélération décisive. L’essentiel à ce stade est que la Bretagne reste unie dans le défense de ce projet structurant, trop crucial pour donner lieu à l’étalage de polémiques aussi vaines que contreproductives.