Discours de politique générale
Intervention de Raymond Le Brazidec

Monsieur Le Président, cher.e.s collègues,

Il y a bien un sujet qui nous mobilise de façon permanente en Bretagne, et qui recueille toute l’attention de cette majorité – même quand l’ordre du jour de la session plénière ne l’évoque pas directement – c’est celui de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

Inutile en effet de rappeler l’importance de ce secteur dans l’économie et la vie des territoires bretons. Alors, dans le contexte des Etats Généraux de l’Alimentation proposés par le gouvernement et au lendemain du discours du Président de la République en conclusion de la première phase de discussions, redisons qu’il est nécessaire de faire entendre la voix de la Bretagne.

Notre Région a pris toute sa part dans les discussions. En premier lieu avec la nomination de notre vice-président à l’Agriculture Olivier Allain comme coordinateur de ces Etats Généraux. Ton expertise, ta connaissance et ton analyse ont permis d’apporter un plus à ces Etats généraux. Nous t’en remercions.

Mais surtout, la Bretagne a accueilli une des réunions programmées dans le cadre des Etats généraux, le 19 septembre dernier à Pontivy, qui a permis d’élaborer une contribution bretonne. Réunissant des acteurs d’horizons divers, elle a permis de définir cinq grands axes de travail qui visent globalement à retrouver un revenu décent pour les agriculteurs, que ce soit à travers des outils de régulation des prix, de meilleure répartition de la valeur ajoutée, de modernisation des exploitations…

Et il a été affirmé également la nécessité d’un plan d’actions devant découler de ces Etats généraux pour se donner les moyens de mettre en œuvre concrètement ces propositions. C’est le rôle du gouvernement, mais nous entendons bien que les Régions y prennent toute leur part…

La Région Bretagne sera au rendez-vous et elle n’a d’ailleurs pas attendu ces Etats généraux pour avancer. Rappelons la politique volontariste qui a été menée depuis le début de ce mandat :

– un plan pour la production porcine début 2016, puis sur la filière bovine, qui ont permis d’apporter une bouffée d’air au plus dur de la crise. Avec succès, puisque les demandes d’aides ont été nombreuses, preuve que ces dispositifs étaient utiles et répondaient à un réel besoin. Sur le porc, le marché s’est depuis retourné permettant à la majeure partie des producteurs de relever la tête. Mais l’inquiétude pointe depuis quelques semaines, les cours s’effondrent de nouveau. C’est d’ailleurs le moment, pour les organisations de producteurs, de travailler à une meilleure coordination. Nous les invitons à ne pas attendre la prochaine crise pour trouver des solutions ! Certaines l’ont bien compris et ont engagé des rapprochements.

La filière lait quant à elle est en pleine crise suite à la dérégulation des volumes de production. La fin des quotas laitiers mal préparés a fait entrer le secteur laitier dans une situation extrêmement périlleuse.

– nous avons poursuivi la mise en œuvre du plan de modernisation des bâtiments agricoles. Ce dispositif a eu un véritable succès. La modernisation des outils de productions présente plusieurs avantages : amélioration des conditions de travail de l’exploitant, renforcement du bien-être animal, renforcement de la compétitivité, des outils de production ;

– nous avons renforcé les MAEC, les Mesures agro-environnementales et climatiques, ce qui fait de la Bretagne la première région de France sur la mise en œuvre de ce dispositif, qui accompagne la transition écologique de l’agriculture. Et cela porte ses fruits, nous le voyons depuis quelques années maintenant sur la reconquête de la qualité de l’eau notamment ;

– enfin, avec Breizh’Alim, nous entendons mener une politique d’achat public basée sur un approvisionnement régional et qui reconnaît le rôle de premier plan des agriculteurs et transformateurs bretons dans la restauration collective notamment.

Et vous avez lancé cet automne, Monsieur le Vice-Président, la concertation sur la PAC après 2020, avec une réunion publique dans chaque département et une réunion de restitution qui se tiendra très prochainement à Pontivy, des auditions des représentants de la profession en commission, un site internet qui recueille les contributions.

Là encore la marque d’une Région qui est non seulement mobilisée et dans le dialogue avec ses agriculteurs, mais plus encore, qui construit l’avenir de l’agriculture avec l’ensemble des acteurs, dont les consommateurs…

Les consommateurs français, et européens, expriment une aspiration croissante pour des produits de qualité, mais aussi pour le soutien aux producteurs, pour le développement de l’approvisionnement local, pour le développement de l’agriculture biologique et des labels de qualité, pour des productions à forte valeur ajoutée… C’est là une partie des réponses qui doivent être apportées pour maintenir une agriculture bretonne diversifiée, qui assure des revenus décents, et des productions accessibles et de qualité.

Enfin, parler de l’agriculture bretonne, c’est aussi bien sûr parler de ses industries agroalimentaires. D’abord pour dire que globalement, nous avons des IAA plutôt en bonne santé, et surtout qui se distinguent par leur capacité à innover, à développer de nouveaux produits, et à se positionner sur de nouveaux marchés, notamment à l’export.

Mais il existe des difficultés pour certaines entreprises. L’actualité récente nous le rappelle : la situation toujours fragile du groupe Doux, l’annonce de la fermeture de RVE à Crédin, la situation difficile de l’abattoir SOCAVOL à Saint-Brandan…

La Région est mobilisée sur ces dossiers, soit pour dégager des solutions, soit pour accompagner au mieux le volet social et la situation des salariés.

Pour conclure, rappelons que la Bretagne a d’immenses atouts dans le domaine agricole et alimentaire, que l’agriculture bretonne a une grande capacité d’adaptation – les agriculteurs bretons ont d’ailleurs déjà engagé une transition profonde depuis plusieurs années maintenant – et que la Région sera toujours mobilisée auprès de ce secteur économique incontournable pour la Bretagne.

Je vous remercie.