Conseil régional de Bretagne – Session des 15, 16 et 17 février 2018

Avis sur le Schéma Directeur Régional des Exploitations Agricoles (SDREA)
Intervention de Nicole Le Peih

Le Schéma Directeur Régional des Exploitations Agricoles constitue l’outil de contrôle des structures agricoles, conformément à la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt.

Ce schéma, s’il ne relève pas du Conseil régional, nous est néanmoins soumis pour avis. Fruit d’une large concertation, celui-ci est fondamental car il permet à notre assemblée de débattre sur les modes d’agriculture présents et souhaités dans notre Région.

En juin 2017, la Région avait émis un avis favorable sur le schéma puisque nous considérions qu’il répondait aux enjeux de notre territoire. Nous avions, toutefois, co-construit différentes pistes d’amélioration.

La nécessité de se doter d’un outil d’observation, afin d’être en capacité de suivre les évolutions sur le foncier agricole mais surtout de les anticiper, avait été mise en avant.

La question du foncier est en effet fondamentale, ne serait-ce que par rapport à la pression démographique, avec plus de 23 000 habitants par an, que connaît et va continuer à connaître notre Région.

Par ailleurs, entre 2000 et 2010, la Bretagne a perdu plus d’un quart de ses exploitations professionnelles… et en 2016, 32 % des chefs d’exploitations avaient plus de 55 ans.

Pour autant, avec près de 460 installations aidées par an – et 744 installations en tout en 2015 – la Bretagne reste à l’échelle française une région fort dynamique et j’ai eu l’occasion de croiser les chiffres avec mes collègues parlementaires d’autres régions françaises.

Aussi, vous l’avez bien compris mes chers collègues, l’enjeu actuel et majeur de ce schéma est bien de favoriser l’installation de nouveaux jeunes agriculteurs et agricultrices !

L’agriculture est une filière clé du modèle économique français et breton en particulier. C’est également une filière d’excellence. Partout sur notre territoire, nous avons des hommes et des femmes qui restent passionnés par leur métier malgré les difficultés auxquelles ils sont confrontés.

L’agriculture fait partie intégrante de notre éco-système : économie, protection de l’environnement, 1/2

développement durable et production d’énergie renouvelable, culture… tous s’entremêlent et s’articulent. L’implication des agriculteurs dans le plan de lutte contre les algues vertes en est le plus bel exemple.

Aujourd’hui, quel que soit leur modèle agricole, les agriculteurs et paysans bretons, en plus d’avoir une production de qualité, participent à la création d’emplois locaux, à l’entretien des paysages, à la création d’énergie renouvelable via la méthanisation et à la transmission d’un savoir-faire, d’une sécurité alimentaire et d’un patrimoine culturel.

Ils font bien plus que nourrir les Bretonnes et les Bretons ! Ils structurent nos vies et notre territoire.

C’est pourquoi, nous devons avoir à cœur de les soutenir, d’œuvrer à leur côté et de favoriser l’installation d’hommes et de femmes qui deviendront eux aussi des actrices et acteurs de l’excellence bretonne.

J’assistais dernièrement à une Assemblée générale des groupes de développement agricoles. J’ai écouté le témoignage d’un jeune cadre parisien de chez L.V.M.H qui, fatigué de la pression parisienne et des grands groupes, a choisi de s’installer en production porcine et vente directe et de reprendre l’exploitation de sa belle famille !

Bel exemple de reconversion et d’adaptation ! de nos modèles ! de nos effluves ! de nos parfums !

Nous devons aussi tenir compte du besoin de conforter certaines exploitations. L’installation doit rester une priorité, mais elle ne peut être la panacée dans tous les cas de figure.

Le schéma est là pour remédier aux dérives qui pouvaient avoir court : c’est à dire, des

agrandissements déguisés en installation.

C’est pourquoi des contrôles sont nécessaires. Toute personne, physique ou morale, qui s’installe, s’agrandit, amenuise une exploitation ou réunit des exploitations, est soumise à une autorisation d’exploiter

Au delà, qu’il s’agisse d’installation ou d’agrandissement, notre objectif est également la pérennisation des exploitations et des emplois pour nos agricultrices et nos agriculteurs.

Aussi, je me réjouis que ce schéma révisé tienne compte de la plupart des recommandations que nous avions émises en juin dernier.

Concernant celles qui n’ont pu être suivis car relevant d’un cadre législatif, j’approuve totalement la décision prise par notre Président Loig Chesnais-Girard, d’écrire au Président de la République et au Ministre de l’Agriculture.

Et j’ai le plaisir de constater que le CESER est également de cet avis !

C’est aussi le rôle d’une collectivité d’alerter sur les difficultés ou les manquements du cadre de la loi dans la pratique.

Et je ne doute pas, Monsieur le Président, mes chers collègues de l’attention qui sera portée à notre courrier !

Je vous remercie.