Crédit : Groupe S&D – Région Bretagne

Plan breton de développement de l’apprentissage

Intervention de Laurence Duffaud

 

 

Monsieur le Président,
Madame la Vice Présidente, cher.e.s collègues

Ce plan ambitieux de développement de l’apprentissage que vous nous présentez aujourd’hui, Madame la Vice-Présidente, pourrait se trouver bousculé demain par l’actualité politique, comme vous l’avez évoqué Mme Nicolas.

En effet le gouvernement a l’ambition de s’atteler à l’enjeu important pour notre société de la formation professionnelle et de l’apprentissage. On ne peut que s’en féliciter. Une période de concertation doit s’ouvrir qui déboucherait sur une loi au printemps 2018. Nous souhaitons que cette période de concertation en soit une vraie et que le gouvernement n’y entre pas avec des idées déjà bien arrêtées qui laisseraient peu de place à une réelle concertation. Nous en avons malheureusement eu pour exemple la dramatique concertation sur la future loi logement et les annonces concernant les APL et l’aide à la pierre. Nous espérons donc que la concertation sera réelle et que le rôle et la place des Régions sur la formation sera reconnue et confortée.

En tout cas, nous devons souligner et vous féliciter Madame la Vice-Présidente pour la méthode de réelle concertation que vous avez impulsée pour l’élaboration du plan breton de développement de l’apprentissage. Concertation menée évidement au sein du CPRDFOP, mais également au cours de rencontres organisées avec les divers acteurs de l’apprentissage et par l’intermédiaire d’un appel à contributions.

Ce travail a abouti à ce document de qualité, riche en orientations et propositions. Je tenais à féliciter les services pour ce document à l’écriture claire, et Monsieur Lechevalier.

L’objectif ambitieux de passer de 18 000 apprenti.e.s en 2017 à 20 000 apprenti.e.s en 2020 est notre fil conducteur.

Je me permettrai de résumer ainsi le plan que vous nous présentez à travers trois enjeux :

  • l’attractivité
  • la crédibilité
  • la confiance

Concernant l’enjeu d’attractivité :

L’apprentissage souffre d’une mauvaise image auprès des jeunes et de leurs familles qui le considèrent trop souvent comme une orientation par défaut. Monsieur Le Fur, Madameme Nicolas, vous savez pertinemment que nous avons de plus en Bretagne une caractéristique culturelle forte qui veut que les jeunes et leurs familles souhaitent une poursuite d’études de façon très majoritaire en fin de 3ème vers l’enseignement général puis technique plutôt que vers la voie professionnelle. Ceci explique pour beaucoup le chiffre que vous citiez de 4,4 % des jeunes de 16 – 25 ans suivant une formation par apprentissage ou notre 12ème place au niveau des régions. Vous oubliez toutefois de citer la moyenne nationale de 4,9 % de 16 – 25 ans en formation par voie d’apprentissage, comme quoi il faut aussi savoir relativiser les chiffres.

Madame la Vice-Présidente, nous souscrivons aux orientations que vous nous proposez pour améliorer l’attractivité de l’apprentissage à savoir :

  • le renforcement de l’information et de la communication sur les métiers et l’apprentissage couplé à un travail sur l’orientation,
  • la re-visitation de nos dispositifs de soutien à la mobilité, à l’hébergement et à la restauration des apprenti.e.s, que nous n’avons pas oubliée,
  • le travail fondamental de la mobilisation des grandes entreprises de plus de 250 salariés pour accompagner le développement de l’apprentissage sur les niveaux V et IV mais également la mobilisation du secteur public,
  • la constitution de véritables filières de l’apprentissage proposant des formations allant du niveau V au niveau I

Concernant l’enjeu de crédibilité :

Les chiffres plaident en faveur de la formation par apprentissage :

  • Taux moyen de réussite aux examens sur les 10 dernières années de 83 % soit 2 points de plus que la moyenne nationale,
  • 65% des apprentis bretons trouvent un emploi dans les 7 sept mois qui suivent l’obtention de leur diplôme soit 3,5% de plus que la moyenne nationale,
  • 37 % des apprenti.e .s sont embauchés dans leur entreprise d’apprentissage. Quand vous évoquiez, Monsieur le Président, dans votre propos liminaire les difficultés de recrutement des entreprises, nous voyons donc que l’apprentissage et son développement peut être une des réponses.

La démarche qualité et de soutien à l’innovation pédagogique initiée par la Région auprès de nos CFA bretons, et que nous souhaitons développer dans le cadre de ce plan, ne fera que renforcer la crédibilité de l’appareil de formation par apprentissage.

Concernant l’enjeu de la confiance :

Je parlerai de la confiance vis à vis du système de formation qui passe évidement par la sécurisation des parcours, à savoir :

  • le possible déroulement d’un parcours de formation du niveau V au niveau I,
  • mais également la lutte contre la rupture de contrat encore beaucoup trop présente pour les apprenti.e.es les plus jeunes, mais également dans certains secteurs qui ont un taux de rupture très questionnant, comme vous l’évoquiez Madame la Vice-Présidente. La mobilisation des entreprises employeuses et des CFA est là fondamentale,
  • et pour finir sur la sécurisation des parcours, la constitution d’une perméabilité réelle entre apprentissage et voie scolaire permettant des allers, des retours et des allers-retours.

Mais je souhaiterai également parler de la confiance vis des vis des entreprises employeuses. Les jeunes doivent se sentir accueillis et accompagnés en entreprise et la mobilisation d’un réel tutorat de qualité au sein même des entreprises est la meilleure réponse à apporter. Nous réfléchirons à comment accompagner au mieux les entreprises employeuses sur ce sujet.

Madame la Vice-Présidente l’action de la Région et la mobilisation des acteurs en faveur de l’apprentissage portent leurs fruits.

Notre mobilisation et notre expertise en matière de formation est largement reconnue et nous souhaitons vivement que le gouvernement la reconnaisse dans sa future loi sur la formation.

Nous adopterons donc avec enthousiasme, Monsieur le Président, Madame la Vice-Présidente ce plan breton de développement de l’apprentissage.

Je vous remercie.