Conseil régional de Bretagne
Session des 7, 8 et 9 février 2018

 Pacte d’accessibilité par Karim Ghachem

 Monsieur le Président, Mes cher.e.s collègues,

Comme l’a rappelé ma collègue Fanny Chappé, La Région œuvre avec une détermination sans faille au désenclavement de la Bretagne, à son raccordement à l’Europe et au monde.

Le projet de budget que nous allons examiner durant cette session le démontre une fois de plus volontiers.

J’en retiens notamment, dans le domaine ferroviaire, les travaux de renouvellement de la section Rennes-Retiers, pour un montant de 11,2 millions d’euros.

Ou la poursuite du projet de construction d’une nouvelle gare maritime à Quiberon, laquelle devrait entrer en service début 2023.

Ou encore le chantier d’aménagement de la gare de Landivisiau, financé intégralement par la Région pour un montant de 400 000 euros.

Mais nous savons aussi que ce combat, nous ne pouvons le remporter seuls. Pour y parvenir, nous avons besoin d’un partenariat fort avec l’Etat.

C’est tout le sens du Pacte d’accessibilité que nous avons négocié avec celui-ci.

Chacun se souvient des conditions dans lesquelles cette démarche a vu le jour.

Impulsé par la Région, le document a été construit avec les conseils départementaux, les métropoles, les agglomérations de Quimper et Lorient et avec le soutien de l’agglomération de Redon…

… Suite à la décision du Gouvernement de renoncer au projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes.

Je tiens d’abord à saluer, Monsieur le Président, l’esprit de concertation qui vous a en permanence animé dans la conduite de ce dossier.! Je tiens en même temps à remercier l’ensemble des parlementaires bretons et notamment ceux de la majorité qui ont œuvré pour que ces avancées voient le jour. J’entends encore les maintes interpellations qui vous ont été faites Mr le Président par nos oppositions régionales dans cet hémicycle,  sur nos amis au gouvernement, à l’hôtel de Lassay et au parlement. Quant à leur prétendue absence d’influence, et bien je dirai simplement qu’en Bretagne le faiseux vaut toujours mieux que le diseux.

Non seulement, comme je l’ai évoqué précédemment, les collectivités infrarégionales ont été associées à l’élaboration du projet, mais elles ont en outre toujours été informées de l’évolution des négociations par le biais de la CTAP.

Ce choix vous honore. Il était de surcroît très judicieux, étant donné l’importance absolue de présenter un front breton uni.

Les tractations avec l’Etat se sont poursuivies jusqu’au dernier moment, jusqu’à l’avant-veille de la présente session.

Ces ultimes échanges, loin d’avoir été inutiles, ont au contraire été très fructueux.

Ils nous ont permis d’obtenir certaines avancées tout à fait substantielles au profit de la Bretagne occidentale, notamment dans le domaine ferroviaire.

Il y a la décision opportune de procéder à des expertises complémentaires sur l’axe Nord…

… Mais aussi le soutien apporté par l’Etat à la réalisation d’un schéma directeur et des études préalables du PEM de Brest, dans le but d’articuler desserte ferroviaire et future ligne de tramway.

En fin de compte, ce Pacte constitue une excellente nouvelle pour l’ensemble des territoires constitutifs de la Bretagne. Tous, sans exception, en profiteront.

La pointe bretonne y compris, du Léon au Trégor, de la Cornouaille au Vannetais.

Ce n’est pas rien, la sanctuarisation jusqu’en 2027 de la desserte TGV jusqu’à Brest et Quimper constitue une garantie inappréciable dans un contexte très incertain marqué par la future ouverture à la concurrence.

Ce n’est pas rien, l’engagement d’études visant à augmenter le nombre de trains bolides desservant Brest devrait permettre, en dernier ressort, de multiplier les opportunités de relier Paris en 3 h 13 au lieu de 3 h 30 aujourd’hui.

Ce n’est pas rien, la nouvelle ligne ferroviaire programmée entre Rennes et Redon va générer un important gain de temps pour l’ensemble des Cornouaillais et Vannetais, en les rapprochant de la capitale bretonne.

Ce n’est pas rien, la reconnaissance par l’Etat du nœud rennais en tant que priorité nationale pour garantir la fluidité du trafic vers l’ouest aura pour conséquence d’améliorer la performance de la liaison vers Brest.

Ce n’est pas rien, les pôles d’échange multimodaux de Quimper et de Vannes vont faire l’objet d’une signature d’un contrat de pôle avec participation de l’Etat.

Ce n’est pas rien, ce chantier historique du désenclavement du Centre Bretagne qu’est la mise à 2X2 voies de la RN 164 va se poursuivre sur la base d’un volume de crédits moyen annuel de 40 millions d’euros par an…
…Ce qui devrait se traduire par une accélération très notable du rythme des travaux jusqu’en 2022.

Ce n’est pas rien, l’aéroport de Brest va bénéficier du soutien de l’Etat pour développer de nouvelles liaisons vers le hub d’Amsterdam, ce dont profitera l’ensemble de l’ouest breton, du Léon au Trégor et à la Cornouaille.

Ce n’est pas rien, pour sanctuariser la desserte aérienne Quimper-Orly, vitale pour tout le sud Finistère, l’Etat va de même mettre en œuvre une liaison d’obligation de service public.

Ce n’est pas rien, il s’engage sur la voie d’une pérennisation de l’activité civile de l’aéroport de Lorient – Lann Bihoué, en veillant à la complémentarité de son positionnement par rapport aux autres plateformes aéroportuaires bretonnes.

Ce n’est pas rien, un volet portuaire a été intégré au Pacte, alors qu’il n’y figurait pas initialement.

A ce titre, l’Etat se décide à considérer les ports de notre façade maritime septentrionale comme potentiellement éligibles aux politiques européennes afférentes au RTE-T (Réseau Trans Européen Transports).

Il s’engage pareillement à pourvoir ces mêmes ports des moyens humains nécessaires pour répondre aux défis posés par le Brexit, quel que soit le scénario qui prévaudra.

Non seulement tout cela n’est pas rien, mais c’est même beaucoup.

Il faut tout de même se remémorer d’où l’on vient et à quoi on a échappé.

En ce qui me concerne, je n’ai pas oublié, s’agissant des enjeux ferroviaires, les conclusions du rapport Duron, qui ne prévoyait aucun investissement pour la Bretagne d’ici 2040…

…Ni l’orientation du gouvernement qui voulait ne plus investir dans les grosses infrastructures pour se consacrer aux transport du quotidien…

… Ni les doutes de beaucoup de ces éternels sceptiques sur la parole donnée par le PR lors de son Discours de Quimper .

Nous ne nous sommes pas découragés pour autant, nous n’avons jamais baissé les bras, nous n’avons pas reculé devant l’adversité et le gouvernement a su nous entendre.

Et c’est la force de notre engagement, ce fameux « pack breton » que vous évoquez souvent, Monsieur le Président, qui se trouve aujourd’hui récompensé.

Alors, certes, l’ensemble de nos vœux ne sont pas nécessairement exaucés. Mais comment auraient-ils pu l’être ?

Il faut prendre ce Pacte pour ce qu’il est, le fruit d’un compromis.

Un compromis, par définition, n’a jamais vocation à satisfaire l’intégralité des revendications d’une partie – sinon, il s’agit d’un contrat léonin.

Ce Pacte d’accessibilité est un bon point d’équilibre entre ce que l’Etat est prêt à nous accorder et ce dont nous avons besoin pour désenclaver notre territoire.

Nous l’avons vu, il contient des avancées substantielles sur les volets routier, ferroviaire, aéroportuaires, portuaires aussi, qui profiteront à l’ensemble des Bretonnes et des Bretons.

A ceux de l’ouest et à ceux de l’est, à ceux du nord et à ceux du sud, à ceux de l’intérieur et à ceux du littoral

La Bretagne occidentale avait tout à gagner à la signature de cet accord.

Celui-ci lui offre de nouveaux leviers de développement et, objectivement, je vois mal comment elle pourrait se porter mieux sans eux.

En un mot, je préfère le pragmatisme au maximalisme, au jusqu’au-boutisme, au « toutourianisme » dont nous entretenait récemment notre collègue Gérard Lahellec.

Le Pacte d’accessibilité que vous vous apprêtez à signer n’est sans doute pas parfait, Monsieur le Président.

Mais il est le meilleur que l’on pouvait espérer et il constitue pour la Bretagne dans son ensemble, comme pour chacune de ses composantes territoriales, un puissant facteur d’attractivité.

Je vous remercie.