Conseil régional de Bretagne – Session des 15, 16 et 17 février 2018

Point d’étape sur la mise en oeuvre de « Bretagne Très Haut Débit »
Intervention de Gaël Le Saout

Monsieur Le Président, M. Le Vice-Président de Mégalis Chers collègues,

Tout d’abord deux mots pour saluer Monsieur le Président le respect de la parole donnée de dresser régulièrement un point d’étape du déploiement du Très Haut débit en Bretagne dans cet hémicycle. Nous connaissons tous l’importance de ce sujet qui suscite, et c’est normal…. beaucoup d’attentes et de questionnements sur nos territoires…

A nous donc ici, dans cette enceinte, de rendre pédagogique et clair ce sujet particulièrement technique.
En disant cela, il ne s’agit pas d’éluder les nombreuses contraintes auxquelles nous sommes confrontés au quotidien et j’y reviendrai… Non bien sûr… Il s’agit véritablement de faire de la pédagogie et non de la démagogie.

Alors faisons de la pédagogie…
En rappelant, pour commencer que le choix, collectif, qui a été le notre, dès 2010… est le bon !

1) – Le bon choix concernant la technologie :
celle de la fibre, qui n’est pas limitée en terme de débit, contrairement au cuivre et au câble, et qui permet à la Bretagne de se projeter dans l’avenir, avec une technologie qui nous garantit de pouvoir absorber l’augmentation des besoins de demain, l’évolution des usages et les demandes croissantes des entreprises…

2)- Le bon choix sur le mode de gouvernance autour de Mégalis :
nous savons et nous savions qu’il était nécessaire d’avancer tous ensemble en réunissant tous les acteurs autour de la table, au premier rang desquels les collectivités bretonnes.
Une méthode qui permet d’ailleurs d’assurer une totale transparence sur le processus et une capacité de décision de chaque niveau de collectivité…

J’en profite aussi pour redire ce que Gwenegan Bui a déjà souligné tout à l’heure, car on entend parfois des choses contraires sur le terrain…. la Région ne décide pas de tout, toute seule dans son coin.
Je rappelle que ce sont les intercommunalités qui sont chargées de l’arbitrage du calendrier des zones de déploiement sur leur territoire… Et elles doivent pleinement assumer leurs responsabilités et leurs choix, même si ceux-ci, ne sont pas toujours des plus simples…

3) – Le bon choix enfin sur l’affermage :
en étant propriétaire de son réseau, la Bretagne garde la main et n’est pas tributaire des choix des opérateurs. Elle pourra même dégager rapidement des recettes.

Et si nous accusons un léger retard sur le calendrier prévisionnel – les raisons ont été rappelées par Gwenegan Bui … en réalité…. redisons-le…. la Bretagne est en avance :

  • –  en avance avec cet engagement dès 2010 sur ce dossier
  • –  et avec le choix du 100% fibre.

    Mais on le sait tous ici que lorsque l’on est les premiers à oser, à s’engager sur des chantiers aussi colossaux, on va forcément essuyer quelques plâtres…

  • –  Que ce soit avec le lot de contraintes techniques et juridiques, on en longuement parlé hier… c’est pourquoi nous demandons des évolutions législatives à travers le pacte d’accessibilité ;
  • –  Que ce soit avec les opérateurs, qui ne croyaient pas franchement à la réussite commerciale du déploiement en zone rurale… Alors qu’aujourd’hui avec 30% de taux de pénétration, nous voyons déjà que la demande est là.
  • –  Que ce soit pour un problème de disponibilité de la fibre en elle-même… nous n’en 2/4

produisons pas suffisamment en Europe et sommes tributaires de délais de livraisons parfois très longs.
– ou que ce soit face à un manque de personnel formé pour satisfaire l’avancée des multiples chantiers en cours. Déficit auquel nous répondons par ailleurs à travers nos politiques de formation…

Enfin, redisons-le aussi… et en ce qui me concerne c’est une réelle fierté de l’assumer ici aujourd’hui :
en faisant le choix de couvrir l’intégralité du territoire breton, nous sommes fidèles à notre volonté de ne laisser aucun Breton de côté.

Avec cette règle du 1 pour 1…
1 prise déployée en zone urbaine = 1 prise déployée en zone rurale…
nous avons fait le choix de la solidarité territoriale et financière, plutôt que la compétitivité entre les territoires.

Et pour nous, que les choses soient claires : cette solidarité territoriale n’est pas négociable !

Néanmoins, nous savons qu’il faut avancer…
que les besoins et les attentes sont là et que des frustrations peuvent naître… notamment pour les territoires qui sont programmés sur la phase 3.
On le sait, de nouvelles solutions peuvent émerger avec la révision possible des stratégies des opérateurs, mais aussi avec le soutien annoncé de l’Etat. Et dans tous les cas, avant 2030, les montées en débit vont continuer de progresser, puisque 90% des Bretons seront, d’ici 2022 à plus de 8 Mb/s.
Chacun peut comprendre que tout cela ne peut pas se faire en un seul jour, et les abondements financiers qui sont réclamés par certains ne réduiront pas les contraintes.

Alors cessons les polémiques inutiles… tout en regardant les difficultés en face et en y répondant…
Et ce n’est pas un vœu pieux, mais une réalité éprouvée : la Bretagne ne réussit jamais mieux que lorsqu’elle avance unie et groupée. ET comme l’a dit hier lors de son discours de politique générale notre collègue Marc Le Fur : « Ne jouons pas dispersés ! ». Je vous dit banco cher collègue.

Oui, 100 fois OUI : JOUONS COLLECTIF ! Et uniquement collectif.