Conseil régional de Bretagne – Session des 15, 16 et 17 février 2018

Pacte d’accessibilité pour la Bretagne
Intervention de Marc Coatanéa

M. le Président, chers collègues,

L’histoire s’est brusquement accélérée ces dernières semaines concernant l’accessibilité de la Bretagne.

Le 17 janvier dernier, en renonçant à construire l’aéroport à Notre Dame des Landes, le Premier ministre Edouard Philippe a mis fin à des décennies de tergiversations sur le sujet.

Quelques jours après sortait le rapport Duron, qui est au fond une redite des rapports Duron 1 et Duron 2 publiés sous les Présidences de la Présidence précédentes. Donc rien de nouveau sous le soleil. Sauf que ce rapport, qui n’engage d’ailleurs que son auteur, ne prend pas en compte l’abandon du projet d’aéroport à Notre Dame des Landes.

Je veux souligner et saluer votre réactivité à proposer ce pacte d’accessibilité de la Bretagne à l’ensemble des collectivités directement concernées. Nous nous mobilisons pour obtenir de l’État des engagements forts sur 4 questions, qui ont toute trait à l’accessibilité : Le ferroviaire, la fibre optique, le routier, l’aéroportuaire.

Je m’attarderai plus particulièrement sur les 2 derniers points, en rappelant tout de même que sur la question ferroviaire et l’accessibilité de la pointe bretonne, le train le plus rapide relie désormais Paris à Brest en 3 h 13, à Quimper en 3 h 16!. Il ne faudrait pas l’oublier et se féliciter de cette réussite et de cet atout considérable pour notre territoire.

Mais ce n’est pas suffisant car ces trains ne sont pas fréquents et il faut continuer de se battre pour augmenter leur cadence au rythme d’un par jour et non un par semaine comme c’est le cas actuellement tout comme il est indispensable de penser « Bretagne » lorsque l’on parle des 3 heures, car qui peut croire que ces trains s’arrêteront dans toutes les gares s’ils font tous 3 heures de trajet.

Celles et ceux qui vitupèrent sur les prétendus abandons de la Bretagne par le Gouvernement, oubliant de préciser que ces mêmes préconisations existaient entre 2007 et 2012, demandent, à juste titre les 3 heures mais également des arrêts dans toutes gares. Et ils ont raison. Cependant la technique à un moment donné contredit ces prétentions.

Il ne faut pas renoncer à desservir certaines gares bretonnes. Il nous faut imagier les dessertes multimodales nécessaires.

Le pacte d’accessibilité aborde, et c’est heureux, la question du réseau routier, et en particulier l’axe central qu’est la RN164, qui figure dans le Contrat de Plan Etat Région. Toutes les sections de cette route nationale doivent être réalisées ou en travaux en 2020, à l’exception de la section de Mûr de Bretagne, pour des raisons d’ordre techniques.

La question de la RN164 est fondamentale, d’abord bien sûr pour l’attractivité du Centre – Bretagne, de ses villes, de son industrie. Mais elle l’est aussi si nous voulons désengorger la RN12 au nord ou la RN165 au sud. La route nationale 164 est agréable, traverse des paysages magnifiques. Des milliers de bretonnes et de bretons pourraient l’emprunter au lieu d’utiliser les voisines du nord ou du sud. Mais pour cela il nous faut terminer sa mise à 2×2 voies.

D’autres aménagements routiers sont prévus, car les déplacements intra-régionaux doivent être développés, notamment entre le nord et le sud de notre Région

La question des aéroports est celle qui devient fondamental du fait de l’abandon du projet.

L’aéroport de Rennes-Saint-Jacques, qui connaît une croissance de son trafic, doit réaliser d’importants travaux d’agrandissement et de sécurité. Profitons de cette opportunité pour pousser les feux.
L’aéroport de Brest doit également, et évidemment, être l’objet de toute notre attention. Nous avons besoin d’un grand aéroport à la pointe de la Bretagne.

Les collectivités, et l’État doivent être au rendez-vous après l’abandon de Notre-Dame-des- Landes. Mais ce n’est pas suffisant et des compagnies aériennes doivent être présentes en proposant des prix de vol compétitifs.

A ce titre nous ne pouvons que regretter la fermeture de la ligne Lannion-Paris à partir du 22 mars prochain. Nous le voyons bien, c’est toute une stratégie et toute une cohérence qu’il nous faut avoir.

Ce pacte porte une ambition très forte pour notre territoire. Il est le fruit d’une discussion avec l’ensemble des collectivités de Bretagne. Gageons que cette intelligence collective, qui a toujours servi les intérêts de notre territoire, sera une nouvelle fois au rendez-vous. Il faut faire bloc, tous ensemble ! C’est en tout cas le vœux que je formule.

Je vous remercie