Session du 19 avril 2018 sur la Breizh COP

Monsieur le Président, Mes chers collègues,

Par bien des aspects, cette session revêt une dimension exceptionnelle.

D’abord par l’ampleur du sujet qui nous rassemble cet après-midi.

Mais aussi par le choix d’organiser ce débat à Brest, à deux pas d’une rade où tant de grandes aventures dans l’histoire ont démarré.

Je veux vous remercier, Monsieur le Président, pour cette initiative heureuse.

Au-delà de notre métropole, elle honore la Bretagne occidentale dans son ensemble.

Par le biais de cette Breizh COP, la Région nous convie à une nouvelle grande aventure humaine.

Elle est un pari sur l’avenir. Un pari audacieux, dont le succès dépend de la mobilisation de tous et de chacun.

Nous ne l’aurions pas lancé sans la ferme conviction que cette initiative est en phase avec ce qu’est la Bretagne.

Toutes ses grandes réalisations, elle les doit à la capacité de ses acteurs à se réunir autour de projets fédérateurs et ambitieux.

Ce qu’on a appelé le « modèle breton de développement » est le fruit de cet esprit coopératif et mutualiste.

Il souffle sur notre région depuis plus d’un siècle.

C’est la grande aventure de l’Office central de Landerneau, fondé en 1911, qui contribua à sortir la Bretagne de la misère.

Ce sont également ces grands groupes mutualistes qui lui succédèrent dans les années 1960 et qui accompagnèrent le « miracle agricole breton » des Trente Glorieuses.

Certes, ce modèle est aujourd’hui à réinventer.

Mais le levier qui a permis hier son émergence reste aujourd’hui le plus solide de nos atouts.

La Bretagne a toujours eu le génie de l’horizontalité. Il reste plus vivace que jamais.

J’en veux pour preuve :

  • Le dynamisme incomparable de son mouvement associatif ;
  • Des activités bénévoles qui y sont trois fois plus développées qu’ailleurs ;
  • Le poids sans équivalent qu’y représente le secteur de l’ESS.

J’ajouterai à cela la force inégalée d’un sentiment d’appartenance qui incite à se dépasser pour le bien de la communauté.

Sens des responsabilités, esprit de solidarité, envie de Bretagne : les conditions sont réunies pour que notre Breizh COP rencontre un réel succès.

Le terreau est fécond et il faut à présent l’ensemencer.

Certes, la Bretagne n’a pas la vocation, ni même la prétention de sauver à elle seule la planète.

Les défis que notre session va traiter ne sont pas que régionaux. Ils ne sont même pas nationaux. Ils sont en réalité mondiaux.

Aucun Etat, aucune région, aucune ville ne pourra gagner seul les batailles qui s’annoncent.

Mais le renoncement d’un seul d’entre eux serait la défaite assurée de tous.

Dans ces domaines, l’action collective n’est pas une option, c’est un impératif.

Car l’alternative est simple – elle est, pour paraphraser Martin Luther King, entre le chaos et la communauté.

Je n’en doute pas, la Bretagne saura prendre toute sa place dans ce combat crucial pour l’avenir de l’humanité.

Seul le prononcé fait foi