Développer les actions européennes et internationales par Laurence Duffaud

Monsieur le Président,
Mes cher.e.s collègues,

Mon intervention portera plus spécifiquement sur les actions de coopération que nous menons avec les pays en développement.

Dans ce domaine, l’année 2018 est à marquer d’une pierre blanche avec la création, en novembre dernier, du Réseau Bretagne Solidaire.

Alors que la Bretagne compte plus d’un millier d’associations actives en la matière, la vocation de ce nouvel outil est d’en amplifier et d’en valoriser les initiatives.

Nous avions réellement besoin d’un tel levier, il a enfin été mis en place, et nous tous en attendons beaucoup.

Il va de soi que la Région accompagnera activement ce Réseau dans sa phase de montée en puissance, ainsi que vous avez eu l’occasion de le préciser, Madame la Vice-présidente.

Nous poursuivons d’autre part notre partenariat de coopération décentralisée avec Grand’Anse en Haïti ainsi qu’avec la Région du Centre du Burkina Faso.

Les actions développées sur ces deux territoires vont évoluer en 2019 pour tenir compte des contraintes et difficultés rencontrées et ainsi maintenir notre exigence de  transparence et de bonne gouvernance.

Mais l’objectif reste inchangé – accompagner de la manière la plus efficace possible les pays en voie de développement dans leurs projets concrets de développement dans une logique de coopération..

Je sais bien que certains de nos concitoyens remettent aujourd’hui en cause la légitimité de ces actions de solidarité et de coopération internationale.

Pourquoi, s’interrogent-ils, dépenser de l’argent public pour financer de tels projets, alors qu’une partie de notre population éprouve  de grandes difficultés ?

C’est un discours que nous entendons tous régulièrement, y compris ici dans cet hémicycle. Mais il est animé et de mauvaise foi.

Ils ont le vent en poupe, tous ceux pour qui « charité bien ordonnée commence par soi-même », tous ceux pour qui il vaut mieux s’occuper de nos pauvres avant de penser à ceux des autres…

Mais ce qu’ils nous présentent comme du bon sens est-il autre chose au final qu’un cynisme brutal et un égoïsme imprévoyant ?

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, les jumelages ont été la première forme de coopération mise en place par les collectivités locales.

Et c’est une commune bretonne, chère à votre cœur, Madame la Vice-Présidente,  Brest, qui a signé en 1948  le premier accord franco-américain de ce type, avec la ville de Denver.

Cité anéantie par les bombardements, Brest a vu aussi se faire son relèvement  grâce à ce puissant levier qu’a constitué la solidarité américaine.

J’évoque le cynisme brutal de certains de nos contemporains, qui jugent normal que la France ait bénéficié de la solidarité dans le cadre, par exemple  du plan Marshall,  mais jugent  intolérable aujourd’hui d’avoir à donner en retour.

J’évoque aussi leur égoïsme imprévoyant, car à l’heure de la globalisation, qui peut croire que les conflits, la crise climatique et la misère qui affligent particulièrement une partie du  monde restent, et vous nous l’expliquiez Madame la Vice-Présidente, sans effet sur notre bien-être et notre niveau de sécurité ?

Les crises qui frappent aujourd’hui le moyen Orient ou l’Afrique et leur répercussion en Europe démontrent l’absurdité d’une telle conviction.

Et vous me permettrez Madame la Vice-Présidente,  de regretter l’absence au niveau européen d’une politique migratoire humaniste, solidaire et responsable.

C’est donc pour une question élémentaire d’humanisme, mais aussi de responsabilité, que la Région Bretagne a souhaité initier une ambitieuse politique de coopération internationale.

Cette politique, j’en suis convaincue, est directement en phase avec cette terre où nous avons la chance de vivre.

Citoyens et citoyennes du monde, les Bretons  et les Bretonnes savent que la tentation de l’isolement est la garantie du déclin.

Ils savent qu’aucune oasis de prospérité ne peut se maintenir dans un océan de misère.

Ils savent que le malheur est contagieux, et qu’on ne s’en préserve soi-même qu’en lui menant une guerre implacable, fut-ce-t-elle, cette guerre, à l’autre bout de la planète.

Voilà pourquoi, la société civile bretonne a toujours été si active dans le domaine des solidarités et coopérations internationales.

Voilà pourquoi, également, le Conseil régional a toujours été si soucieux d’ accompagner les acteurs dans leurs projets.

Monsieur le Président, Madame la Vice-présidente, cette politique de coopération est de celles qui nous honorent et nous grandissent.

Notre indéfectible soutien vous est acquis afin d’en faire un outil toujours plus performant au service de la fraternité humaine dont nous parlions tout à l’heure.

Je vous remercie pour votre attention.