Déploiement de la fibre optique par Gwenegan Bui

Merci Monsieur le Président,

Bretagne Très Haut Débit c’est quoi ?

Bretagne Très Haut Débit, d’abord, c’est moins bruyant qu’un TGV. C’est moins impactant en consommation foncière qu’un aéroport. Et ce sera plus rapide en réalisation que la RN164.

Pourquoi je vous dis ça ? Parce que le MEGALIS, le syndicat mixte qui a été très bien présenté par Eric Berroche, ce syndicat mixte déploie une infrastructure. Une infrastructure à destination de toutes les Bretonnes et les Bretons, de l’ensemble de notre territoire. Il n’y aura pas de territoire déclassé. Il n’y aura pas de territoire oublié. Il n’y aura pas un individu habitant en Bretagne, à la fin du dispositif, qui n’aura pas accès à cet outil déterminant pour le déploiement et le développement de notre belle et grande région.

Mais BTHD c’est lourd. C’est lourd financièrement. Vous n’en n’avez peut-être pas conscience. Mais sur l’ensemble de la procédure, sur l’ensemble du temps, c’est 2 milliards d’euros d’argent public qu’il faut déployer. Deux milliards d’euros qu’il faut aller chercher avec les départements, avec les intercommunalités, avec l’Europe évidemment. Mais aussi avec l’État pour essayer de mettre en place un dispositif qui reste soutenable financièrement.

Nous avons fait ce choix. Et nous avons fait ce choix en 2010, parce que nous estimions que c’était un élément déterminant et stratégique dans la compétition qu’allaient se livrer les territoires, les entreprises, les économies et les hommes et les femmes dans un monde ouvert qui prône l’absence de frontières mais aussi la possibilité de faire du commerce en s’extrayant de la distance.

Mais quand on a fait ce choix de construire une infrastructure publique, nous l’avions fait aussi parce que nous  estimions que tout n’était pas marchand. Que tout ne pouvait pas être délégué au privé. Et c’est ce qui avait nourri un certain nombre de polémiques entre nous.

Entre le moment où un certain nombre d’acteurs dans cet hémicycle privilégiaient un modèle qui était le modèle du Nord pas de Calais, en disant que c’était un excellent modèle. Oui,  sûrement. Nous y viendrons dans quelques mois et nous vous démontrerons, avec le Président Chesnais-Girard, que les choix que nous avions faits à l’époque dès 2010 et que nous avons assumés depuis sans faillir, seront excessivement bénéfiques pour l’ensemble de notre territoire, l’ensemble des collectivités et surtout l’ensemble des usagers et des citoyens bretons.

Je le redis, je le répète, pas un territoire oublié. Pas un citoyen oublié. Parce qu’au cœur de tout, c’est un droit pour tous que nous déployons et que nous déployons de façon inlassable.

Alors c’est vrai que nous n’arrivons pas à avoir la même perception médiatique. C’est vrai qu’il y a moins d’enjeux, moins d’excitation. Et les énervements qui peuvent exister, sont souvent des énervements qui se passent entre élus. Puisqu’un certain nombre de maires, un certain nombre de conseillers régionaux, parfois de députés s’exaspèrent en disant que ça ne va pas suffisamment vite.

Ça ne va pas suffisamment vite mais dans MEGALIS comme dans la Région, vous savez que nous sommes adeptes des petits pas. Petits pas parce qu’à chaque fois nous engrangeons des progrès. Et ces progrès nous permettent d’améliorer le quotidien de la vie des gens.

Mais parfois ces petit pas nous permettent de préparer des grands bonds en avant. Et c’est ce que nous sommes en train d’élaborer. Parce que nous avons entendu les critiques. Critiques portées par l’opposition. Critiques portées par les membres du syndicat mixte qui étaient insatisfaits. Critiques portées par le Président Chesnais-Girard qui était insatisfait des délais.

Et parce qu’il y a un vieux principe qui est fondateur dans cette majorité, c’est que de la discussion jaillit la lumière. Nous avons écouté, nous avons dialogué et nous avons su évoluer. Mais nous avons évolué en regardant et en assumant les choses.

Est-ce-que vous nous avez entendu, est-ce que vous m’avez entendu, un moment, ne pas assumer les retards. Jamais. Nous les avons expliqués. De bonne foi. Nous avons essayé de vous convaincre. Ça n’a jamais réussi. Mais nous avons toujours voulu vous expliquer que lorsque l’on produit un réseau, lorsque l’on déploie un réseau, il y a des difficultés.

Des difficultés physiques, des difficultés financières et parfois même et encore toujours des difficultés humaines à recruter des hommes et des femmes pour pouvoir déployer suffisamment rapidement ces infrastructures.

Alors si je peux filer la métaphore d’un flash météo pour vous donner très rapidement des éléments de réponses à vos questionnements.

On peut dire qu’il y a une éclaircie sur le déploiement puisque la première tranche est finie sur les 70 000 prises. Soixante dix mille.

Et la deuxième tranche des travaux est engagée, c’est les 140 000.

Ce qu’il faut que vous sachiez c’est qu’on a déjà déployé plus de 46 % des NRO. C’est quoi les NRO ? Ce sont les gros os qui vont construire le squelette et qui vont nous permettre ensuite de déployer.

Ça veut dire que ça avance. La stratégie de déploiement est en cours.

Mais ça veut dire aussi que dans ces éclaircies, il y a aussi l’industrialisation. Parce que jeudi dernier, nous avons reçu deux offres qui correspondent au marché que nous avons lancé, qui fusionne la tranche 2 et la tranche 3, c’est-à-dire le million de prises.

Et de ce marché, nous avons eu deux réponses de deux consortium. Deux consortium solides  avec des entreprises de renommée. Et nous avons maintenant 3 mois, 3 mois de négociations, discussions avec ces deux consortium pour tirer le meilleur. Tirer le meilleur  pour les citoyens, pour les contribuables bretons mais aussi pour la rapidité de déploiement et d’exécution de ce projet.

Donc éclaircie sur le déploiement et l’industrialisation. Vous me permettrez de ne pas vous donner ni les noms ni le timing puisque nous sommes dans une procédure de négociation.

Toujours sur la météo, beau soleil sur la commercialisation. Parce que là, vous l’avez vu dans le bordereau, mais c’est 44%  de taux de pénétration. 44 %, c’est colossal . Colossal au regard de toutes les prévisions qui était faites par l’ARCEP et par tous les cabinets divers et variés.

Mais surtout 44 % qui démontrent l’appétence des citoyens bretons, surtout quand ils vivent dans le rural, à avoir accès à cette technologie. Et donc c’est bien la stratégie que nous avions définie en cohérence avec l’exécutif régional qui, aujourd’hui, trouve validation par les citoyens.

Ce chiffre de 44 %, il faut que vous en ayez conscience. Vous pouvez dire oui, mais il en reste 56. C’est une prouesse nationale.

C’est une prouesse nationale qui va nous permettre de tirer un très grand nombre de dividendes collectivement. Et qui nous permettra lors du Conseil syndical du 28 février d’annoncer de très bonnes nouvelles à l’ensemble des membres de ce conseil syndical . Et je ne peux, puisqu’il y a des respects de procédures et respect de la démocratie interne de MEGALIS, vous dire quel est le résultat mais je vous invite à lire les journaux le 1er mars et vous verrez que nous n’avons pas fait que des mauvais choix.

Et j’espère à ce moment-là, parce que nous sommes de bonne foi, et j’espère, parce que vous êtes de bonne foi, que vous saurez reconnaître dans cette hémicycle, lors de la session de juillet, que nous avons fait de bons choix, de bons choix pour les bretonnes et les Bretons et que vous serez à nos côtés pour les applaudir.

Enfin il y a des nuages. Des nuages menaçants. C’est vrai. Monsieur De Sallier Dupin les a pointés.

La problématique des financements d’État. L’État est un partenaire important, déterminant dans notre modèle économique. Pour le moment, nous n’avons pas de réponse, lorsqu’on lit les documents budgétaires de l’État, c’est-à-dire le projet de loi de finances – la Bible.

Dans le projet de loi de finances, sur le fond, pour la société numérique, cette année, c’est zéro. Ce qui est dommage c’est que nous, dans la même période, on fait un marché pour un million de prises.

En même temps, on fait un marché qui doit apporter un service qui répond à une commande. Qui est la commande stratégique de l’État, qui annonce dans toutes ses communications la nécessité du déploiement de la fibre optique pour tous.

Et bien ça, ça nous met dans une difficulté. Ça, ça nous met un nuage au-dessus de la tête. Et je ne sais aujourd’hui, et je ne peux assurer devant vous que si l’État nous fait défaut ou partiellement défaut sur les engagements passés, à ce moment-là, nous aurons collectivement, et quand je dis collectivement, ce seront les Départements, les Intercommunalités et la Région, une difficulté qu’il faudra réussir à surmonter.

Je vous dis ça parce que dans cette stratégie, l’État a choisi le silence.

Le Président a essayé dans le pacte de faire bouger les lignes. Nous avons essayé de discuter avec les instances, avec les directions centrales, avec les ministères pour avoir des assurances.

J’espère que les discussions que nous avons pues avoir, les assurances qu’a pues avoir Loig Chesnais-Girard, se transformeront en courrier en bonne et due forme avec une belle Marianne. Pour avoir une certitude de l’engagement de l’État républicain.

Pourquoi je vous dis ça ? Parce que pour le moment, l’hypothèse que nous pourrions craindre, c’est que si les résultats sont bons, les résultats financiers de l’appel d’offre et les résultats de la commercialisation, il y a un boni.

Et si ce boni est capté uniquement par l’un des partenaires, l’État, à ce moment-là, il y aura une révolte de l’ensemble des partenaires de MEGALIS.

Nous sommes intéressés aux résultats comme nous sommes intéressés au déficit. S’il y a du mieux, c’est du mieux pour tous. S’il y a un déficit, il y a un déficit pour tous. C’est la règle fondamentale qui a fait le pacte de Bretagne Très Haut Débit. Ce pacte ne doit pas bouger.

Je vous remercie