Le Président du Conseil régional Loïg Chesnais-Girard a proposé l’installation d’un groupe de travail sur la coopération entre la Bretagne et la Loire-Atlantique, co-présidé par Jean-Michel Le Boulanger et Isabelle Le Bal. Après plusieurs mois de travaux, le temps des conclusions est venu avec la présentation de ce rapport qui formule 13 préconisations pour un renforcement des coopérations et dans la perspective d’une réunification de la Bretagne à cinq départements.

Téléchargez le Rapport du groupe de travail « réunification Bretagne »

Le mot des co-présidents 

La question du périmètre de la Région Bretagne fait débat depuis des décennies.
La Bretagne, durant 1500 ans, s’est organisée de Nantes à Brest, ou de Clisson à Ouessant…

Et si la Révolution française a découpé l’ancienne province en 5 départements, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale ces 5 départements formaient la Bretagne.

Cette très longue unité bretonne a été rompue quand la Loire-Atlantique a été intégrée à la Région des Pays-de-la-Loire.

Beaucoup espéraient que ce découpage peu respectueux de l’histoire – comme des souhaits souvent exprimés par les populations de la péninsule – serait démenti en 2015, lorsque le périmètre des régions de France faisait débat.

Il n’en a rien été.

A l’ouest de la France, le choix final fut celui du statu quo : la Bretagne administrative a conservé ses frontières et la Loire-Atlantique est demeurée ce département breton intégré dans une région Pays-de- la-Loire créée de toute pièce et, en somme, artificielle.

Face à cette décision de l’Etat, les partisans de la réunification de la Bretagne auraient pu succomber à l’abattement. Il n’en a rien été. Une pétition réclamant l’organisation par le Conseil départemental de Loire-Atlantique d’une consultation citoyenne sur le sujet, a été signée, contre toute attente, par plus de 105 000 habitants de ce département. 105 000 ! Jamais une pétition n’avait obtenu autant de signataires sur un même département…

Las ! Le département de Loire-Atlantique a décidé de ne pas organiser la consultation demandée et de s’en remettre à l’Etat.

Un sondage très récent (août 2019, TMO) a rappelé, une nouvelle fois, l’attachement très fort des Bretonnes et des Bretons à leur identité et à leur territoire, y compris en Loire-Atlantique.

Ce sentiment n’est pas anecdotique ; il doit être entendu.

Il pose une question simple, qui est une question démocratique – et donc fondamentale ! : les périmètres des collectivités doivent-ils correspondre aux sentiments d’appartenance et aux vœux exprimés par les populations ?

La Région Bretagne, affirmant régulièrement son attachement à ses frontières historiques, œuvre, dans de très nombreux domaines, à des rapprochements avec la Loire-Atlantique.

C’est le deuxième versant de ce dossier.

Au-delà des périmètres institutionnels, des relations multiples se sont en effet tissées, au fil du temps, entre les acteurs de la société civile de la Bretagne administrative et du département de Loire-Atlantique.

Ces partenariats très nombreux, dans les domaines économiques, sociaux, culturels, souvent soutenus par le Conseil régional de Bretagne, doivent être largement amplifiés. Portés par des acteurs de terrain, ils illustrent très concrètement les analyses des études et des sondages… Ils construisent une unité bretonne par les faits ! L’exemple le plus récent est significatif : les clubs professionnels de football, à l’échelle des 5 départements, se sont réunis pour construire un protocole commun lors de leurs rencontres, appelées les « derbys bretons ». Le Bro gozh s’élèvera à Nantes, et les Gwenn ha du y seront très présents. Cet exemple, très intéressant car porté par des structures économiques attirant de très larges publics, s’ajoute à des dizaines et des dizaines d’autres initiatives, souvent plus modestes.

Les propositions qui suivent sont le fruit d’un groupe de travail représentatif de notre assemblée régionale. Elles répondent à une sollicitation du Président du Conseil régional de Bretagne. A l’heure où le débat institutionnel doit être relancé au niveau national, nous espérons qu’elles constitueront une nouvelle pierre à la construction d’une institution administrative en phase avec la réalité des attentes et pratiques citoyennes en Bretagne. Le moment semble venu.

Isabelle LE BAL & Jean-Michel LE BOULANGER