Laurence Fortin, Vice-présidente chargée de l’aménagement du territoire, achève un Tro-Breizh : 22 rendez-vous, à la rencontre des acteurs des 21 Pays de Bretagne et des Îles du Ponant.

La Région Bretagne est la seule région de France à travailler à l’échelle des Pays. Pourquoi ?

Les Pays en Bretagne correspondent à une réalité pour leurs habitant.e.s : ce sont des territoires de projet, des espaces d’échanges entre territoires, des bassins de vie. Des territoires sur lesquels les habitant.e.s ont accès aux équipements et services les plus courants (système éducatif, services publics, de santé etc.) et qui correspondent à une zone d’attraction et de dynamisme pour le tissu économique et associatif.

Travailler à cette échelle nous permet de réunir les acteurs et citoyen.ne.s de ces territoires. Ce travail d’échanges, de débats et de concertation n’existerait pas sans ce cadre.

À quoi sert un Contrat de partenariat Europe/Région/Pays ? Quelle est la méthode utilisée pour l’établir ?

Il s’agit en fait un partenariat entre la Région Bretagne, les Pays et les Îles du Ponant*, et l’Europe. Il est établi pour une durée de six ans et permet d’accompagner les projets des territoires autour de priorités partagées : numérique, transports, services collectifs, environnement, économie, culture…

Afin d’ établir une stratégie de développement des territoires, ces priorités partagées avec la Région Bretagne sont définies en concertation avec les acteurs et citoyen.ne.s des Pays et des Îles du Ponant, qui restent impliqués à niveau égal tout au long de la durée des contrats.

En parallèle, des enveloppes financières leur sont attribuées. La solidarité prévaut à travers la péréquation, mécanisme qui prend en compte les inégalités pour mieux soutenir les pays les plus fragiles sur les plans démographique et économique. Ainsi, le budget par habitant varie de 14€ à 53€, sur un budget total de 266 millions € pour la période 2014-2020. Les crédits régionaux sont par ailleurs complétés par des fonds européens, que la Bretagne est la seule région d’Europe à adapter à ses territoires afin de répondre au plus près de leurs besoins : 122 millions €, toujours pour la période 2014-2020.

De nombreux projets ont ainsi déjà pu être financés, comme par exemple une maison de santé à Trégourez, des logements pour jeunes travailleurs intégrés à une résidence multigénérationnelle à Muzillac, ou encore plusieurs pôles d’échanges multimodaux à Morlaix, Guingamp, Vitré, etc …

2017 verra la révision des contrats 2014-2020 signés l’année dernière. Quelles perspectives se dessinent désormais ?

Il s’agit tout d’abord de prendre en compte la révision des cartes intercommunales qui prendra effet au 1er janvier 2017. Ainsi, nous passerons de 101 à 59 EPCI** en Bretagne avec des situations très différentes d’un département à l’autre : on comptera 21 EPCI en Finistère contre seulement 8 en Côtes d’Armor !

La carte de nos Pays sera également rebattue. J’ai pu réaliser à quel point les réalités et les attentes étaient différentes selon les territoires.

L’enjeu de cette révision, c’est donc cela : gérer de manière pragmatique la nouvelle carte des territoires tout en donnant corps aux principes fondateurs des contrats de partenariat signés en 2015 qui sont plus que jamais porteurs de sens : la confiance aux territoires comme garantie de leur développement, la solidarité et l’échange entre les territoires, la simplification des relations entres citoyen.ne.s et institutions, et la participation citoyenne.

*Regroupement des îles de Bretagne administrative, considéré comme un Pays.

** Établissement Public de Coopération Intercommunale : terme générique pour désigner les communautés de communes, d’agglomération et les communautés urbaines.