Bretagne : un destin maritime à concrétiser
Tribune parue dans le numéro de novembre 2018

L’histoire démontre que la Bretagne prospère chaque fois qu’elle s’ouvre sur les océans. Lorsqu’au contraire elle leur tourne le dos, elle se condamne au déclin. Cette conviction nous anime depuis 2004. Elle est au fondement de cette ambition maritime régionale que nous avons forgée voici une quinzaine d’années et que nous portons inlassablement depuis lors. Les activités économiques liées à la mer représentent d’ores et déjà 15 % du PIB de la Bretagne, mais nous savons qu’elles recèlent encore un potentiel de croissance extrêmement important. Tel est bien l’objectif que nous poursuivons – tirer au mieux parti de cet « or bleu » qui a vocation à constituer l’un des principaux leviers de notre développement futur.

A cette fin, la mobilisation du Conseil régional s’articule autour de trois axes d’intervention.

Nous devons d’abord veiller à une organisation optimale des acteurs œuvrant dans le champ maritime. C’est ainsi que nous avons obtenu la reconnaissance de la Conférence régionale de la Mer et du Littoral qui, associant les représentants des collectivités bretonnes, des services de l’Etat, des organisations professionnelles et des associations, constitue un lieu stratégique de discussion et de validation unique à l’échelle nationale. C’est ainsi également que nous avons adopté en juin dernier une feuille de route Mer & Littoral 2018-2022, dont le but est de faire de la mer un vecteur de développement durable de la Bretagne à l’horizon 2040 par une gestion intégrée des enjeux maritimes dans leurs dimensions économiques, environnementales et sociétales.

Le deuxième chantier est celui des investissements nécessaires afin de permettre à notre région de peser sur le plan maritime à l’échelle internationale. Le développement des infrastructures portuaires, en particulier, constitue un défi absolument crucial. Dans cette optique, l’opération en cours la plus emblématique est sans nul doute le projet de développement du port de Brest. Il s’agit d’un important programme d’investissement de 220 millions d’euros, qui se déploie entre 2016 et 2020. Notre objectif est ainsi de conforter la compétitivité du port tout en en faisant un site de référence pour les industries liées aux énergies renouvelables.

Le troisième champ d’implication de la Région est d’ordre plus politique. Nous devons nous assurer que les intérêts maritimes de la Bretagne soient bien pris en compte à l’échelle nationale et européenne. A cet égard, il faut saluer la détermination dont a su faire preuve le Président Loïg Chesnais-Girard sur le dossier de l’aménagement du corridor Mer du Nord Méditerranée du Réseau transeuropéen de transport (RTE-T). Alors que les propositions de la Commission ignoraient totalement les ports français, il est intervenu avec force auprès du Gouvernement afin que Brest et Roscoff trouvent la place qui leur revient dans les connexions post-Brexit à venir entre l’Irlande et le reste de l’Union. La vigilance s’impose dans cette affaire, car à nier la géographie, on bâtit toujours sur du sable !