Accessibilité, différenciation : la Bretagne franchit un cap !
Tribune parue dans le numéro du mois de mars 2019

La session budgétaire du Conseil régional a donc été suspendue, le 8 février, le temps de permettre la signature avec l’Etat d’un Pacte d’accessibilité et d’un Contrat pour l’action publique qui vont constituer d’utiles leviers au service du développement de la Bretagne. Ces documents renvoient en effet à deux défis vitaux auxquels notre Région est confrontée – celui de sa périphéricité et celui de la nécessaire adaptation des politiques nationales à ses singularités – et leur apportent un certain nombre de réponses concrètes et souvent ambitieuses.

Le pacte d’accessibilité est le fruit d’un long processus de négociation avec l’Etat. Un processus entamé à la suite de l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes, et qui aboutit dans un contexte très anxiogène, marqué par les difficultés à parvenir à un accord sur le Brexit. Ces deux événements viennent rappeler combien notre Région est vulnérable en raison de son caractère périphérique. Combien aussi le défi de son accessibilité est un enjeu fondamental et un combat permanent, dont les épisodes jalonnent l’histoire bretonne.

Le pacte que nous venons de signer constitue une étape de plus dans ce long processus de raccordement de la Bretagne au monde. Il a le grand mérite de ne laisser personne sur le bord du chemin, contenant des avancées pour l’ouest breton comme pour l’est, pour le nord comme pour le sud, pour le littoral comme pour l’intérieur – et tant dans les domaines ferroviaires que routiers, aéroportuaires que maritimes.

De son côté, le contrat d’action publique pour la Bretagne a fait l’objet de tractations qui se sont poursuivies jusqu’à l’avant-veille de la session. Ces ultimes échanges ont notamment abouti à la prise en compte de certaines revendications relatives à la promotion des langues bretonne et gallèse sur lesquelles la Région refusait de transiger. C’est ainsi que le réseau associatif Diwan s’est vu octroyer une dotation complémentaire de 300 000 euros et qu’une démarche a été initiée visant à examiner les conditions qui permettraient d’envisager l’extension du bénéfice du forfait scolaire communal aux écoles bilingues.

Plus globalement, le but de ce contrat est de promouvoir une nouvelle conception de l’action publique en Bretagne, plus souple, fondée sur le recours à des expérimentations, à des déconcentrations et à des délégations de compétences. Par exemple, la Région sera désormais associée au choix des villes susceptibles de bénéficier du dispositif Pinel, lequel vise à favoriser les investissements immobiliers. Nous nous voyons de même reconnaître des marges de manœuvre accrues dans les domaines de l’eau, des énergies marines ou de l’économie.

Certes, l’ensemble de nos revendications ne sont reprises ni dans le pacte, ni dans le contrat. Mais il faut prendre ces deux documents pour ce qu’ils sont : non pour un aboutissement, mais pour un point de départ à partir duquel la Bretagne peut avancer. Grâce à eux, nous serons plus forts. La mobilisation devra néanmoins se poursuivre si, demain, nous voulons le devenir plus encore.